BON ! Ce tournoi à Leeds, on en parle ou quoi ? (©NinaBackdraft)

Bon ! Ce tournoi à Leeds, on en parle ou quoi ? (©NinaBackdraft)

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Alors, par où commencer ? Il y a quelques temps déjà,  la ligue Leeds Roller Dolls nous a contactés pour nous inviter à jouer contre elle et contre une autre ligue de Leeds, les Hot Wheel Roller Derby. Forcément, on a dit oui ! Et je ne sais pas vraiment si vous voyez où est Leeds sur une carte, mais en gros c’est loin. Très loin. Et froid. Et mouillé. L’Angleterre quoi.

Je vais vous conter notre charmant périple dans ce bon vieux pays qui sent le cheddar.

Notre itinéraire a été calculé en utilisant les principes d’économie du McDonald’s et un nouveau logiciel ultra sophistiqué conçu par la NASA, le WTF300. Pas moins de trois transports en commun différents ont été nécessaires pour graviter dans des villes aussi prestigieuses que Birmingham, Bristol, Limoges.

Oui, j’ai dit Limoges.

Nous sommes donc partis à 16, laissant derrière nous deux petits moutons bien tristes qui, travaillant, ne purent se libérer… Comme j’ai un peu la flemme de vous raconter tout en détail, je vous propose des photos, c’est tout aussi bien. Et ça me fait économiser du temps et le vôtre. Youpi.

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On a décollé de Toulouse pour Bristol. Puis on a perdu le sac à main de Cash. Puis on a mangé des chips. Puis on a pris un minibus trop choupi pour aller prendre un autre bus un peu moins choupi. Riette a payé 10 pounds pour un hot-dog pendant qu’une blonde décrépie beuglait des chansons ringardes façon piano-bar. Notre chauffeur de bus s’appelait Roger, il était gros et rigolo. (Normal,  les gros sont toujours des rigolos… Exemples : Jack Black, Bravehurt, David Douillet.)

On a roulé, roulé, roulé à travers le pays de Galles pour finalement arriver à Leeds sur le coup de minuit, minuit quatre.

Avec Riette, on a logé chez Ash, une joueuse de l’équipe Leeds Rebel Roses et c’était trop cool. Elle voulait absolument jouer à Mario Kart mais, à 2 heures du mat’, après 10 heures de voyage, nous avons poliment refusé son invitation et nous lui avons volé son grand lit marshmallow trop moelleux d’la vie d’ma mère putain !

Sinon je m’égare… Parlons plutôt des matchs ! Les deux équipes de Leeds se connaissent plutôt bien et jouent souvent l’une contre l’autre, ce qui est plutôt cool quand même. Au classement, les Rebel Roses étaient bien au-dessus des Hot Wheel et elles deux bien bien au-dessus de nous aussi. On s’était donc dit qu’on garderait un peu de notre énergie et qu’on n’allait pas tenter des trucs folichons… Le hic, c’est que l’ordre de passage était tiré au sort en arrivant et le premier match fut Leeds Vs. Leeds. Mais finalement, je pense que ce n’était pas plus mal pour nous de jouer nos deux matchs d’affilée. Cela a permis aux gens de moins nous dévisager quand ils ont vu qu’on avait toutes des tongs.

Après un moment de panique où je me suis aperçue comme une truffe que j’avais oublié mon protège-dents chez Ash, nous avons tant bien que mal procédé à notre sophrologie habituelle. Sous les cris. Du public. En extase. Qui gueulait de voir les Rebel Roses gagner contre les Hot Wheel ! (C’était les Rebel qui organisaient le tournoi.) Il n’était pas nombreux, mais qu’est-ce qu’il pouvait être bruyant !

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Les Rebel Roses venaient à peine de quitter la piste.

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Du coup, on a fait comme d’habitude. Des gros murs. Des grosses jammeuses (pas des rigolotes par contre celles-là… ouh non !). Des gros points. En fait, pour être vraiment honnête, je ne me rappelle pas vraiment comment ça s’est passé… Je souffre de jamnésia. Que ce soit deux minutes ou quinze jours après un match, je suis incapable de me souvenir des choses précisément. Par contre, j’ai fait plein de fautes, ça je m’en rappelle. Des multis, un joli low block, plus deux trois autres trucs variés. J’avoue que la jamnésia ce n’est pas l’idéal quand on a été désignée pour écrire un article… Soyez indulgents, merci. Donc au final, c’était tendu mais notre confortable avance a tenu et nous avons remporté le match ! Victoire 194 à 111 !

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A peine le temps de reposer nos orteils à bord de nos tongs sus-citées que nous avons dû rechausser nos patins pour un deuxièmes match ! Les Hot Wheel étincelaient littéralement de leur victoire sur les Rebel Roses et tout ça se reflétait à merveille sur le crâne lisse de leur coach Jerry Attric (qui n’est pas si vieux que ça en fait).

Ce second match fut vraiment intense ! Ppffiou ! Mais alors d’une intensité, woah… Intense quoi.

Ok, ok, je m’en souviens plus non plus. Sauf quelques trucs cools du genre, j’ai fait cutter la jammeuse au premier jam, hé hé hé… Des passages de lead pour nous à deux contre quatre… Plus des sensations que de véritables souvenirs… Enfin, le principal, c’est qu’on ait gagné aussi ! 160 à 109 !

Après, y a eu plein de MVPs, plein de petites coupes trop mignonnes, re des tongs. Et puis l’after party ! C’était chouette, y avait un bar géant, des pizzas, des bières, de la vieille sueur post-match, des Anglais ! Et Nina Backdraft qui confessait : « Je crois que je vais prendre des cours d’anglais finalement… ».

Et ça, je pense que c’était la plus belle victoire du week-end !

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 Chakk Attakk #42

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Crédits photographiques : Chakk Attakk.

C’est ma toute toute première biguine partie !!!

C’est ma toute toute première biguine partie !!!

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Ancienne Death Pouffes de Montpellier, me voici maintenant chez l’ennemi ! Non mais comprenez-moi, j’ai presque créé le ‘Montpellier Derby Club’ et me voilà chez les filles que j’ai le plus affrontées ! Vous imaginez mon état d’esprit ?! De plus, après seulement 1 mois ½ d’entraînement, j’apprends que je suis sélectionnée pour deux matchs !!!

Samedi 26 avril. Lever un chouya difficile, mais aujourd’hui c’est match ! Rendez-vous vers 12h30 au gymnase de La Ramée, je dois préparer ma salade (D’ailleurs, quelques filles de la Blocka l’ont bien kiffée ! Heureusement qu’il y en avait pour un régiment !). On arrive un peu en retard (comme d’hab’)… C’est bon, tout le monde n’est pas encore là et notre coach, Big Jim, demande si on a des nouvelles de Nina… Sur place, je remarque que les bénévoles ont déjà tout installé… Et là, qui vois-je ?!! SNOOOOOOT SUUUUUPER !!! Jammeuse chez les Brain Damage (Angoulême) que j’ai connue lors de la French Connection II. Elle, je l’aime parce qu’elle est tarée tout comme il faut !

Peu après, on se prépare pour l’échauffement off-skate. Quant à Big Jim, il cherche de nouveau à savoir où est Nina (Heu, un air de déjà entendu…). On va courir et s’échauffer dehors. Cathy Cap’tain nous prend en main, l’état d’esprit est bon, on se marre, les filles ne sont pas trop stressées. Retour aux vestiaires. Notre coach demande encore une fois si quelqu’un a des nouvelles de Nina car elle ne répond pas aux appels ! (Comment ça elle ne répond pas ?! Va falloir qu’elle réponde !) On chausse, toujours en l’absence de notre coéquipière, puis échauffement sur le track. Re-vestiaires… « NINAAAAAAAA ! M’ENFIN ! TIÉTÉ OU ?!! » D’un coup, Big Jim retrouve des couleurs ! Dernières petites vérifs matos, maquillage, résilles, culottes (ou pas) et les coachs nous installent sur le banc. Bambu, reine du bo bun (Oui c’est nul, j’assume !), liste les patineuses de la première ligne…

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Début du match Blocka Nostra Vs. Brain Damage. Première ligne avec ma nouvelle équipe (C’est moi la pivot là à droite !). Coup de sifflet de début… 30 secondes à attendre… (C’est long !)… 5 secondes… TWEEEET !!!

Concernant le reste de la rencontre, vous n’avez pas de chance car, à part des impressions et sensations, je n’ai quasiment pas de souvenirs de mes matchs (C’est ballot pour un article non ?). Cependant, voici ce dont je me rappelle : notre bonne humeur sur le banc, les quelques petites remontrances adressées à Claire parce que Madââââme ne peut pas s’empêcher de g***(biiip) (<3), le fait que j’aie joué un jam sur deux, mes 5 (?) passages en prison (la honte !), la sensation d’avoir fait un bon match (en toute objectivité, évidemment) car nous avons su imposer notre jeu !

Voilà pour moi !

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Dita Von Dark #212

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Crédits photographiques : HemSi Prod (http://www.hemsiprod.fr/).

The Fantastic 8

The Fantastic 8

 

1_©Olivier Vax

 

Le Fantastic 8, grand tournoi français organisé par la ligue Roller Derby Metz Club fin avril, constitue notre première participation à un tel format de jeu. On ne va pas se mentir, sur le papier, on devrait gagner… Mais la réalité est parfois différente, il ne faut pas partir gagnant(e) et c’est la boule au ventre que je me suis embarquée dans ce week-end de folie. Cependant, je ne raconterai ni tous les matchs ni les grands moments de bêtise à l’hôtel, au restaurant ou encore dans les vestiaires. Je m’apprête simplement à vous parler de ce qui m’a touchée, de ce qui a contribué à ce que ces moments de derby restent gravés à jamais, spécialement pour mon équipe, ma ligue, mes amis.

 

2_© Vinciane Pierart. NSP189.com

 

– On se fait engueuler par notre coach. Nous gagnons nos deux premiers matchs, mais c’est moche. Mon cerveau flotte au-dessus de mon corps que j’ai bien fait attention de préserver… Au point d’oublier d’y rajouter ledit cerveau… Les équipes étant un peu moins fortes que nous, je me surprends même à tenter de vilains blocks sortis de nulle part et absolument inefficaces…  « Non mais les filles, je vous engueule mais on a gagné hein ! Ne vous minez pas le moral ! » Trop tard, comme une envie de se taper la tête contre les murs. On a déçu notre coach et nos coéquipières. Personne ne dit plus rien, les yeux sont rivés sur le sol…

 

3_Vincent Micheletti Pictures

 

– Une grosse pensée pour notre « Ti Moutonhan », notre mascotte adorée, symbole de notre état d’esprit de cinglées débordantes d’amour guimauve dégueulasse. Sur sa chaise, il attend notre sueur pour nous permettre d’évacuer stress et tension. Un défouloir d’amour pour une team Bisounours !

 

4__© Vinciane Pierart. NSP189.com

 

– Petite Cashou, ma copine de chambrée, a mal à l’épaule et nous devons affronter Brest. Bien que ce soit la meilleure jammeuse française à mes yeux, nous savons que nous pouvons y arriver sans elle car nous avons de super éléments à tous les postes et que ça va -et doit- le faire. Mais la voir impuissante, les yeux mouillés sur le banc… J’essaie de la réconforter tant bien que mal, alors que moi-même je retourne poser mes fesses sur le banc de départ… Cette machine que l’on n’ose presque pas approcher, moi j’ai envie de lui faire des câlinous de l’amour de Ti Mouton ! Et je le fais ! Parfois, on ne sait pas si ce que l’on fait procure du bien, mais aurais-je préféré qu’on m’oublie dans ce moment douloureux ? Je crois qu’il ne faut omettre personne car, même si ces 60 minutes de jeu se feront sans elle ou sans Suzie, notre blessée dans les gradins, ou sans Faustine qui a dû quitter la France, ce qu’on réalise aujourd’hui, maintenant, c’est grâce à ces nanas et à chaque moment de partage en entraînement, en scrimmage et au cours des autres matchs. Ma mémoire corporelle est liée à leur corps et à leur intelligence de jeu.

 

5_© Vinciane Pierart. NSP189.com

 

– On remporte le tournoi, tout le monde est vanné ! Joie de pouvoir serrer ces équipes de nanas superbes, tristesse de ne pas rester plus car la route nous attend. Tout le monde se remercie et c’est du fond du cœur. Mais pour moi, la plus grande récompense de cette compétition est le regard de Nicolas (Bravehurt) qui ne peut pas encore nous parler à cet instant-là à cause de ses rayures arbitrales. S’ensuit son discours dans le van, où il nous dit qu’il est fier de nous, de notre jeu, de notre équipe, de ce qu’on accomplit et que c’est pour ces moments-ci qu’il a bâti cette ligue. Moi, je suis consciente que c’est un nounours en guimauve dans le fond, mais toutes ne le savent pas. Là, il se dévoile, nous laisse lui faire un câlin et j’en profite laaargement parce que ça n’arrivera sans doute pas de sitôt. Blottie contre cet homme qui m’a permis de vivre tout ce que je vis depuis deux ans, sans baisser ni les bras ni la tête. Et puis un mot sur notre mur Facebook aussi, une déclaration renouvelant sa fierté. La larme qui sort… Dédicace à notre captain forever : « Putain ce que c’est beau ! Ça me donne envie de chialer ! ».

 

6_© Vinciane Pierart. NSP189.com

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Chupa Clou

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Crédits photographiques : Vincent Micheletti Pictures, Vinciane Pierart et Olivier Vax.

De Marie-Tutu la Fresh Meat à BlockSwan l’Iron Squids !

De Marie-Tutu la Fresh Meat à BlockSwan l’Iron Squids !

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Fin septembre 2013
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Mon pote Pierrick, adepte de hockey en salle, me propose de l’accompagner chercher de nouveaux patins dans un magasin spécialisé du centre toulousain. Après quelques échanges techniques avec le vendeur, lassée de hocher la tête comme si j’avais la moindre idée de ce dont il parle, je décroche et vais m’affaler dans un canapé au fond du magasin. Absorbée par ma partie de Candy Crush, j’écoute d’une oreille distraite et indiscrète la discussion de deux nénettes assises à côté. « Fentes », « blocages », « Ah oui, c’est clair, on a ramassé, mais quel pied ! », « jam », « Tu ne devineras jamais la taille du bleu que j’ai sur la fesse gauche ! »… Il n’en fallut pas plus pour attiser ma curiosité… » Heu, les filles, de quoi vous parlez ?! »
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Mi-octobre 2013
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Pfff, j’ai froid. Voilà deux heures que nous sommes une bonne trentaine de filles sous ce pont, assises sur le goudron, à écouter un grand gaillard aux airs d’ours mal léché nous faire un discours surprenant par son ambivalence. D’un côté, des yeux qui brillent à évoquer un sport né aux Etats-Unis et vieux de près de 80 ans, qui permet de vivre des aventures extraordinaires, procure des sensations qui vous hérissent le poil, vous offre une nouvelle famille. De l’autre, des yeux qui fusillent parce que oui, ça demande de l’investissement, c’est difficile, vous aurez froid, vous aurez chaud, vous aurez mal, il faudra donner de votre personne. L’instinct ? Une tendance masochiste ? Un besoin de me prouver que oui, je peux encore vibrer fort pour un sport ? Je ne saurai jamais, mais en ce mois d’octobre 2013, j’ai décidé de me lancer dans le roller derby.
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Fin octobre 2013
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Comment croiser, comment sauter, comment tomber (important ça, important !), comment bloquer, comment freiner, bref comment avoir les bases nécessaires pour pouvoir pratiquer le derby ! Après chaque séance d’entraînement, je repars ravie, impatiente d’être à la suivante, envieuse de me débrouiller comme les joueuses intraligues, A ou B que l’on peut voir s’entraîner à côté, ravie de toutes ces nouvelles copines animées d’une nouvelle passion commune. Je repense aux mots de Pauline, l’une des deux filles du magasin : « Tu verras, bientôt tu respireras, mangeras, dormiras derby ! ». Et à ce que j’avais pensé à ce moment-là sans oser le dire : « Oui oui, bien sûr… Excuse me but I have a life, OK ?!? »… Plus que des mots, une prophétie : ça y est, j’ai le derby dans la peau !
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Décembre 2013
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La saison est lancée, c’est le premier tournoi intraligue. Une journée que je passe à voir toutes ces filles se démener sur un track pour passer, bloquer, marquer. Occupée à la buvette ou à la penalty box, mes pieds me démangent comme jamais. Je stresse, je vibre, je veux chausser, je veux faire pareil, je veux en être ! C’est aussi à cette période que mes copines, amusées de me voir débarquer à l’entraînement encore habillée de mon collant rose pâle de danseuse classique avec mes chaussons dans le sac à côté des patins, me baptisent BlockSwan. L’aventure est en marche…
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Fin février 2014
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Les épreuves des minimum skills s’enchaînent, les autres coachs viennent nous observer. Pour nous, le souci de toujours mieux faire, se dépasser à chaque fois, démontrer nos capacités et, à défaut de talent, notre engagement et volonté de tout donner. Et puis un jour, le verdict tombe, il y en a 10 qui passent chez les intraligues et…
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« YEEEEAAAAAHHHH, j’en suis !!! ». Ou alors est-ce « MERDE, j’en suis… » ? Sentiments mêlés…
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Certes, je suis fière, je me dis que je me débrouille pas si mal, je reçois cette reconnaissance si précieuse des coachs, j’appelle carrément ma maman pour lui annoncer… Mais cela implique aussi que nous serons sur le track début mars, membres à part entière d’une équipe pour nos premiers matchs…
« Nan mais attends, ils ne vont pas nous faire jouer, c’est trop tôt. »
« Oui, t’as raison, on est des bébés inexpérimentés à côté de ces filles. »
« Clair, on se ferait massacrer, on n’est pas prête. »
« Mais en même temps t’imagines, sur le track, flanquées de nos maillots, numéros et pseudos ? J’en ai la chair de poule. »
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Je ne me sens pas prête, ignorante du jeu, des stratégies, des règles. Comme tout challenge qui se présente à moi, plutôt que de le laisser me submerger, je décide de l’affronter. Alors j’imprime les règles et potasse à chaque occasion, aux entraînements les questions fusent « Et là, il faut faire quoi ? Et dans cette situation ? », je regarde des matchs, on s’organise même des déjeuners derby-brief ! Et puis je sais quelle équipe je vais intégrer, avec Lisa et Nathalie, nous serons des Iron Squids ! On rencontre nos coéquipières qui nous accueillent de la plus jolie des façons. Elles nous conseillent, nous rassurent, partagent leurs expériences, heureuses ou malheureuses. Les entraînements sont un régal parce qu’enfin, après des mois d’apprentissage, on joue et pas avec n’importe qui !
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9 mars 2014
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Ça y est, nous y sommes. Une semaine que je me lève et me couche complètement nouée. La veille au soir, j’ai senti mes entrailles se serrer encore un peu plus fort, comme si c’était encore possible. Et puis c’est le jour J. Arriver au gymnase non plus comme simple bénévole ou NSO mais comme joueuse. Aller aux vestiaires non pas pour y laisser l’eau et les bananes des patineuses mais pour y poser mon sac. Retrouver les copines non pas pour assister à un spectacle mais pour le faire.
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On me grime en BlockSwan, on va s’échauffer, le souffle est court, le cœur bat vite mais autour de moi des regards bienveillants, des mots d’encouragement.
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Les Iron Squids commencent le tournoi en affrontant les Dirty Vixens, puis elles enchaîneront avec les Tenacious Dolls. Nous voilà sur le banc, on nous explique comment les choses vont se passer. J’écoute Mémé Castagne et Big Jim et je visualise deux chirurgiens qui, à la veille d’une intervention à cœur ouvert, vous exposent le protocole opératoire. Et c’est parti. Les lignes de bloqueuses se suivent et régulièrement j’y ai une place. Je me sens parfois comme Bambi sur des patins, je passe par la prison sans même avoir eu conscience que j’ai fait quelque chose d’interdit. Mémé me propose de jammer et, alors que je commençais à me sentir un peu plus à l’aise et moins stressée sur le track, me revoilà toute tremblotante, l’étoile sur la tête à attendre le Tweet de départ. Bon, il faut admettre que mon expérience de jammeuse s’est majoritairement déroulée en prison… Aïe aïe aïe. Mais lorsque j’en étais libérée, j’ai pu passer des joueuses, éviter ou subir des blocks, voir le boulot de mes coéquipières pour me faciliter le travail. Je pratique, j’apprends et le tout en prenant beaucoup de plaisir, le mot d’ordre de l’équipe !
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A l’issue de cette journée, une défaite, une victoire et un nouvel angle de vue sur ce sport qui, comme promis par une soirée glaciale d’octobre 2013, me permet de vivre des aventures extraordinaires, me procure des sensations qui me hérissent le poil et m’a offert une nouvelle famille.
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Marie L. alias BlockSwan #27
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Crédits photographiques : Emilie Eychenne (http://www.rememberhappiness-photographie.fr/).

Comment l’équipe Nothing Toulouse est devenue N°1 de roller derby féminin en France grâce aux Belges (ceci n’est pas une blague) !

Comment l’équipe Nothing Toulouse est devenue N°1 de roller derby féminin en France grâce aux Belges (ceci n’est pas une blague) !

 

Quatorze filles de l’équipe All-Stars, un coach, un bench et deux referees de Roller Derby Toulouse partis à la « conquête » de la Belgique, ça donne 1000 km parcourus en avion, 300 en train, quelques litres de bière et deux valises temporairement perdues dans la précipitation… Mais ça valait le coup ! Samedi 25 et dimanche 26 janvier, nous, les Nothing Toulouse, avons tour à tour affronté les Go-Go Roller Girls de Gand et les One Love Roller Dolls d’Anvers. Retour sur ce week-end excitant où challenge et plaisir ont fait bon ménage.

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La veille, vendredi 24 janvier, nous nous retrouvons tous, joueuses et accompagnants, à l’aéroport de Toulouse-Blagnac dans une atmosphère où la détente se mêle cependant à la concentration des esprits. Les blagues fusent comme d’habitude, mais les conversations tournent quasiment toutes autour de ce match du lendemain qui nous guette : les Go-Go Roller Girls de Gand nous attendent de pied ferme, bien décidées à battre comme il se doit notre équipe A toulousaine se situant douze rangs derrière elles, soit à la 27e place du classement européen. Pour nous, le challenge est de taille et nous nous préparons depuis des semaines à ce qui va être notre plus gros match de la saison.

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L’organisation est excellente, les billets d’avion et de train ont été achetés en avance par notre Président, Nicolas Goury, et le couchage par petits groupes est prévu chez nos adversaires – en espérant qu’aucun coup bas ne se profile à l’horizon… Mais le monde du roller derby est petit et ce sont plutôt la solidarité et l’enthousiasme qui sont les maîtres mots de ce genre de rencontre internationale.

Le lendemain midi, nous nous retrouvons tous dans un complexe sportif à faire pâlir d’envie l’association Roller Derby Toulouse. Les festivités s’ouvrent sur un premier match où nos compatriotes françaises, les Brest Métropole Océane Roller Derby Girls (équipe A), affrontent les Cuberdonnas (équipe B des Go-Go Roller Girls). De quoi nous mettre dans tous nos états dès le premier virage abordé : ça y est, les chansons paillardes et bretonnes en tous genres s’élèvent dans les airs, le ton est donné. Nos amis les Belges ripostent, nous renchérissons, mais nos encouragements ne suffisent pas : la victoire est accordée haut la main aux Cuberdonnas.

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La tension monte progressivement chez mes coéquipières qui ont déjà commencé à s’échauffer sur la piste. Les combinaisons de roues ont été préalablement essayées sur ce sol que nous ne connaissons pas. Après quelques minutes de « sophrologie » au sol et loin des regards pour concentrer notre énergie, notre coach Slash Gordon nous prodigue ses derniers conseils et nous sommes finalement parées pour le début du match à 19h30. Charles Martèle, notre bench, envoie sa première ligne de quatre bloqueuses et une jammeuse… Et c’est parti ! Le coup de sifflet signe le début de la première période d’un match qui s’annonce tendu et qui restera serré jusqu’à la dernière minute. La pause réglementaire au bout de trente minutes de jeu nous permet de souffler un peu et de prendre du recul sur ces premiers jams afin de mettre en place la stratégie la plus adaptée. Celle-ci pourra se révéler décisive pour la suite. 100 points à 95 pour l’équipe Nothing Toulouse, autant dire que nous menons d’un cheveu et qu’à tout moment la tendance peut s’inverser… Toutefois, les filles de Gand subissent une pression que nous ne ressentons peut-être pas autant : étant douze places derrière elles, nous sommes attendues perdantes d’au moins 100 à 150 points sur ce match… Si l’équipe A de Gand ne remplit pas sa mission, elle risque de dégringoler franchement dans le classement. Fin des quinze minutes de repos, la deuxième période reprend et nous repartons plutôt confiantes sur le track, en tout cas bien décidées à continuer sur notre lancée et à ne pas nous laisser impressionner. Notre force sur ce match ? Nous conservons notre sang-froid et restons concentrées à 100% jusqu’à la dernière minute, contrairement aux Belges qui, en voyant notre organisation et notre solidarité, commencent à perdre patience et confiance… Malheureusement, les fautes fusent, les joueuses des deux équipes remplissent tour à tour la prison et nous laissons trop de power jams à nos adversaires.

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Malgré cela, c’est la victoire qui nous attend au bout de ces soixante minutes de jeu passionné et enragé ! Nous y avons cru et nous l’avons fait : le tableau affiche bel et bien 230 points en notre faveur. C’est une explosion de joie qui se fait entendre chez les Nothing Toulouse sur le dernier coup de sifflet. Nous nous tombons toutes dans les bras, le coach et le bench n’y échappent pas et je vois des larmes perler, voire couler, des yeux de mes chères coéquipières. Puis, nous remercions et embrassons cette belle équipe de Gand qui nous a donné du fil à retordre et nous a fait passer un grand moment de roller derby.

Cette rencontre annonce un tournant pour notre équipe. Grâce à cette victoire « à l’arrachée », nous allons enfin être mieux (re)connues auprès des autres équipes européennes, cela promet donc de beaux matchs pour la saison prochaine. C’est aussi l’occasion de « voler » sa place à l’équipe A des Paris Roller Girls qui nous avait battues la saison dernière : désormais, la première équipe féminine française de roller derby, c’est nous, les Nothing Toulouse ! Et comme si la récompense n’était pas assez grande, ce même soir où nous sommes à la fête, le groupe Canal+ diffuse sur la chaîne Planète+ A&E le premier épisode d’une série documentaire en six épisodes de 52 minutes consacrée à l’association Roller Derby Toulouse. L’équipe de production, dirigée par Yann Saint-Pé, est d’ailleurs présente depuis le début du week-end pour nous filmer : pas moins de cinq caméras ont enregistré cette « conquête belge » qui sera l’objet du troisième épisode. En attendant sa diffusion, vous pouvez visionner gratuitement le premier opus et découvrir le fonctionnement de notre belle association et l’engagement de ses joueuses et de ses bénévoles en cliquant ici !

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Mais les trépidantes aventures des Nothing Toulouse en Belgique ne s’arrêtent pas ici ! Après avoir fêté notre victoire dans un bar typique du centre ville et tenté de dormir malgré l’excitation, nous avons pris la direction d’Anvers le lendemain matin. Nous y attendait un match retour contre les joueuses des One Love Roller Dolls que nous avions battues – avec plus de 150 points d’avance – en juin dernier.

Faust

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Un dimanche en Belgique

Réveil matin 9h00, j’me réveille comme une fleur… Bon, plutôt comme un cactus, ok. Ça pique un peu, ça tire, mais ça fait du bien ! Ça sent la victoire dans la chambre (le dodo aussi). Notons le doux réveil du coach qui a passé la nuit dans la même maison que nous : la porte s’ouvre, le grand Slash Gordon fait son entrée, la lumière s’allume violemment, un somptueux « Debout, c’est l’heure ! » retentit ponctué d’un coup de tatane dans le matelas de Zaza du Démon. La messe est dite, en avant.

Nous arrivons à la gare de Gand après avoir été déposés par nos délicieux hôtes (MERCI Eva, Elke et Walter !). Bravehurt reprend des couleurs en voyant tout le monde débarquer A L’HEURE (si si, véridique…). Puis tout va très vite : le train, la gare (dans laquelle nous avons fait une flashmob version Queen by la Nothing Toulouse – The Voice n’a qu’à bien se tenir !), le panini kip poulet qui pique la bouche, un dinosaure, les One Love qui nous kidnappent dans leurs voitures, l’entrée au gymnase…

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Débutent rapidement le captain meeting, la préparation d’avant-match et un peu de sophrologie dont seul (ou presque) Slash a le secret (Oh ça va ! On ne va pas vous filer tous nos tuyaux non plus !). C’est un moment vraiment important pour les joueuses : certaines, pour ne pas dire toutes, en tirent réellement des bénéfices pour la concentration avant de commencer un match.

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14h30 : lancement du match. Nous savions plus ou moins à quoi nous attendre en rencontrant les One Love car c’est l’équipe que nous avions affrontée à la French Connection III pour clôturer la saison précédente. Ces nanas sont adorables mais, dès qu’elles mettent un patin sur le track, elles se transforment en dragons ! Pow ! C’est une équipe qui tape fort et on a encaissé les coups comme nous l’avions fait la dernière fois. Les points se sont enchaînés, les fautes aussi (bon, bien moins que la vieille, certes…). Le sol était extrêmement glissant, chose à laquelle nous ne sommes pas habituées (le goudron, ça glisse que quand c’est mouillé…), ça n’a donc pas été si évident de mettre en place les stratégies travaillées les semaines précédentes en entraînement. Les conditions de match étaient aussi différentes de celles de la veille car c’était un match à huis clos : pas de public, peu de bruit. Croyez-moi, les cinq secondes avant le premier jam, lorsque les filles sont en place, les visages cernés par la concentration et que le silence est d’honneur, ça prend aux tripes… Je crois d’ailleurs que c’est l’image qui me reste en tête de ce week-end en Belgique : le calme avant la tempête, mes teammates sous pression et engourdies par la fatigue, mais avec ces sourires en coin, ceux de la victoire de la veille qui en espèrent une nouvelle dans les deux heures à suivre. Durant tout le match, chaque fille a tenté d’être la plus calme possible sur le banc, les coachs aussi. Ça a fonctionné pour certaines, pas pour toutes…

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A la fin de la première mi-temps, nous menions au score. Pendant la seconde période, deux joueuses des One Love se firent exclure pour avoir atteint leur nombre de fautes autorisées sur le match (coucou Andrea !). En parlant de Full Out, j’en ai moi-même vécu un lors du match de la veille (le premier, mais j’espère surtout le dernier !) et je peux donc imaginer ce qu’elles ont pu ressentir sur le bord du track, sans patins, à regarder leurs coéquipières se démener pour essayer d’arracher les derniers points du match… La seconde période se termine et le score nous est favorable : deuxième victoire du week-end !

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J’ai une fois de plus été bluffée par la force de cohésion de notre équipe, malgré les coups de gueule et les caractères de cochon (pardon du plus profond de mon coeur…). Je crois que je tombe amoureuse de chacune d’entre elles et d’eux deux un peu plus à chaque fois, à chaque match, à chaque tape dans le dos, à chaque frappe sur le casque, à chaque remarque et reproche, à chaque clin d’oeil, à chaque conseil. Parce que c’est ça qui nous fait grandir au roller derby, cette force indescriptible, indestructible, qui nous prend aux tripes, qui nourrit la passion de l’équipe, qui permet à chacune et chacun d’entre nous de laisser une trace de son passage dans l’histoire de la Nothing Toulouse. La suite de la saison promet d’être magique !

Le retour à l’aéroport ne se fit pas sans mal. Nous avons couru pour attraper un train et, une fois les 15 personnes à l’intérieur… Les 15 ?! Ah dommage, il en manque trois ! On redescend toutes les valises, le contrôleur siffle, on saute sur le quai… Re-dommage ! Deux valises sont restées dedans ! Après moult coups de téléphone et une organisation digne de celle d’un marathon, nous finissons par laisser notre Paquita à Bruxelles (ses papiers étant dans sa valise, elle ne pouvait prendre l’avion à temps). Mais que tout le monde se rassure : elle est rentrée entière, avec les deux valises et même le sourire aux lèvres !

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Finalement, ce fut un week-end plein de derby, de patins, d’amour, de bleus, de tendresse, de rencontres, de bagarres, de retrouvailles, d’expulsions, de prison… L’ascenseur émotionnel digne d’un week-end derby réussi ! Vivement la prochaine.

Nina Backdraft

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Crédits photographiques : Ian Roofthooft (https://www.facebook.com/ian.rwb?fref=ts), Trebel Prod, Emma Yepez.

Récit d’un dernier match, mais quel match !

Récit d’un dernier match, mais quel match !

Réveil. Éteins-toi là ! Tu martèles mon crâne ! La journée sera difficile, je le sais, et mon corps me le fait déjà comprendre. J’ai chopé une sale maladie. Je meurs. C’est Verdun dans mon estomac et je n’ai rien de moins qu’un match le soir même. Alléluia, mon sac est prêt depuis la veille (il faut croire que je suis un poil impatiente…). Stratégie : laisser les microbes me tuer, ils ont la journée pour faire mumuse, mais ce soir, extermination, ils n’existent plus. Profitez bien les cocos.

Je sors de ma tombe une heure avant le rendez-vous avec l’une de mes coéquipières. Elle est délicieusement timbrée, comme j’aime, et elle a les crocs. La rage de gagner. C’est clairement stratégique de faire le trajet avec elle. La gagne ! La musique à fond ! Préparation mentale, se couper du reste de sa vie, revoir les stratégies, repenser les phases de jeu, BIM BAM BOUM ! Le match, c’est pour bientôt. TIC TAC. Je suis posée, détressée, mais sérieuse. Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas, le sérieux me fait clairement défaut, depuis toujours. Cela fait partie des choses que le derby m’a permis d’acquérir.

Ce match, on l’attend depuis un bon moment. On a les patins impatients. On affronte nos sœurs de cœur, en l’occurrence les Death Pouffes de Montpellier. Et bigner les copines, ça, personne ne me contredira, on ne sait pas pourquoi mais ça ajoute du piquant. C’est une équipe qu’on rencontre toujours avec énormément de plaisir. Ces filles sont pleines d’énergie et délicieusement barrées elles aussi.

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Une bonne partie de notre équipe ne sera pas sur le track. Alors ce soir, il nous tient à cœur de porter haut et fièrement nos couleurs. On va se battre afin de leur faire honneur. Ces filles, elles nous manquent terriblement, notre mental est mis à rude épreuve. Il va falloir combattre comme des lionnes. Ce match s’avère un grand challenge : une grosse équipe, des effectifs réduits des deux côtés et un temps de jeu réduit entraînant un jeu plus condensé. Efficacité, rapidité et mental d’acier seront les maîtres-mots de cette rencontre. Du beau jeu, du bon jeu.

Trajet. La voiture ralentit, j’ouvre la portière et vomis de la bile. Belle entrée. Je suis au pic de ma forme, il n’y a pas à dire. Je sens mes yeux se fermer, j’ai chaud (alors que dehors, c’est l’Alaska !) et je pleure de fatigue. Bon, faire illusion le temps d’atteindre les vestiaires : « T’as une sale gueule Riton ! Ça va ? » … Raté, Riton, c’est moi.

Vestiaires. Ni toilettes ni douches. Problématique. Très très problématique. Mais on fera sans, on a autre  chose à penser. La famille Blocka est dans le vestiaire. Silence de mort. Visages concentrés. Silence total. J’ai dû lever un sourcil d’étonnement. Mais c’est bon. C’est très bon ça.

Bulle. On est toutes pareilles : avant un match, plus rien ne compte à part vos coéquipières. La faim dans le monde, votre loyer à payer, votre chat malade, toussa toussa n’existe plus. Les coéquipières par contre, elles sont au centre de vos préoccupations. On se regarde. On s’envoie des messages de réconfort, des tapes. Soudées. Nous, les filles, ce soir, on sort les crocs, on a la rage de gagner.

Échauffement. Rahhhh ! L’adrénaline grimpe en pic ! Envie de jouer. Là, maintenant, tout de suite. Tous ces entraînements, c’est maintenant qu’ils doivent payer. Maintenant et pas demain. Quarante minutes pour tout donner. A priori chaque joueuse fera au moins un jam sur deux. On aime le jeu, on aime jouer, parfait. Ça va piquer. Encore mieux. Eh oui, le sport a un côté SM, il faut se l’avouer. Plus on est séchées, plus on aime. Et on en redemande. Bizarre…

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Tour  de  présentation. Un coup d’œil rapide dans les gradins. Mes poteaux ne sont pas là, ils sont partis en week-end à la campagne. Va falloir penser à changer d’amis car, côté soutien, ils repasseront. Une amie est là : signe de la main. Ah, ça va mieux. Elle est là. Je suis un peu cucu, j’avoue. J’ai besoin de mes chouchous dans les gradins, ça me porte le temps du match. Regard furtif vers mon Jules. Il est tout près, en rayures et avec sa poker ­face de circonstance, tout va bien. Les coéquipières sont partout : tiens, Minty Rex tient le stand merch’, d’autres sont NSO. Elles sont toutes occupées afin de mener à bien l’événement. Eh oui, on fait tout de A à Z à chaque match, avec nos petites mains. Par conséquent, nos coéquipières ne jouant pas se sont rapidement assigné des tâches et ne chôment pas. Quelques-unes opèrent d’ailleurs dans la suicide zone : pistolets de plastique à la main, elles sont prêtes à brailler et transmettre leurs conseils. Leur présence est plus qu’indispensable. Les voir là, tout près, est d’un réconfort sans nom.

Coup de sifflet. Je suis sur la première ligne, en B1. Ma ligne est mortelle, on sait que ça va le faire. Etre sur la première ligne me permet d’entrer directement dans le match parce que pas le choix. Je me retourne : grosse ligne adverse. Je reconnais des visages, on va souffrir. Impact. Ça pousse méchamment. Je suis en intérieur, mon travail est donc a priori de tenir la corde et de ne pas la lâcher. Je laisse un boulevard à la jammeuse adverse. Bien joué. Je m’insulte. Ne vous attendez pas à ce que je vous dise qu’à tel temps il y avait tel score et qu’on a fourni tel effort. Je suis ailleurs, hors du score, hors du temps. C’est ma méthode pour garder l’adrénaline de manière constante et la laisser guider gentiment mes gambettes. Plus le temps de refaire le monde, de placer le salto arrière et la formation tortue qu’on vient d’apprendre. Si c’est acquis, ça ressortira de soi-même. Sinon, ben tant pis, trop tard.

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On fournit du bon jeu mais, comme à notre habitude, par phases. Les entre­phases sont disons… plus brouillonnes. Ce n’est pas facile pour nous : nos lignes sont nouvelles, on essaie de contenir le score, mais dès qu’on relâche un peu notre jeu, on enquille des points. On sent dès le début du match que ça va se jouer sur la propreté du jeu et sur la ténacité. A la mi-temps, de mémoire, on tient le score et on tient la route. Si on continue comme ça, le score sera serré mais on gagnera.

Les consignes du  coach sont de rester propres, aboutir nos actions et ne rien lâcher mentalement. Bon, ben ça n’a pas été le cas. On a fait plus de fautes et on a été menées sur le score. J’ai l’impression de n’avoir rien lâché mais sens que j’en ai encore sous le pied. Je m’en veux.

Coup de sifflet final. Là, c’est l’effondrement. Je ne le comprends toujours pas moi-­même mais, lors de chaque match perdu, je fonds en larmes et suis profondément triste alors qu’il y a bien pire et grave non ? Mon esprit surdosé en positivisme depuis quasiment 24 heures craque, les vannes s’ouvrent. Réflexe humain : trouver des bras, se caler et pleurnicher.

Tour d’honneur. Les Death Pouffes nous proposent d’effectuer le tour mélangées à elles. Anodin pour certains, fort de sens et touchant quand on le vit. Elles ont été égales à elles-mêmes jusqu’au bout avec un bel esprit sportif.

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Bon, on a bien mérité une bonne bière hein ?! On s’habille par-dessus la sueur (Vous vous souvenez ? Pas de douches !). Hop, un coup de déo et la soirée peut commencer ! Rendez-vous dans le bar d’une de mes coéquipières : on est comme à la maison, tout le monde est là et ça, c’est l’essentiel non ?

Je ne le savais pas encore, mais ce match sera mon dernier en tant que membre de la Blocka Nostra. Mon dernier cri de guerre, mon dernier « tout » avec elles.

Je ne peux alors finir mon article que d’une seule manière : je vous aime la Blocka Nostra !! BANG BANG !!

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La Rillette #000

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Crédits photographiques : HemSi-Prod (http://www.hemsiprod.fr/).

Somewhere over the derby !

Somewhere over the derby !

Vous avez sans doute tous vu le film de C. Klapisch, L’Auberge espagnole. La définition de « l’auberge espagnole », c’est un peu celle du roller derby : un peu de toi, un peu de moi, un peu de toi, moi et nous, un mélange de tout ce joli monde qui gravite autour de la même passion.

Le 21 décembre, anciennement journée de la fin du monde, l’association Roller Derby Toulouse organisa une journée cohésion. En quoi cela consiste-t-il au juste ? Eh bien, un samedi hivernal par exemple, où le soleil décide d’être au rendez-vous juste pour nous, nous nous donnons rendez-vous sur notre chère et belle place de l’Europe afin de partager une journée détente tous ensemble.

Première étape : un jeu de piste géant ! Par équipe de 5 ou 6, nous nous organisons dans une ambiance plutôt joyeuse. Une carte au trésor à la main, en patins, à vélo ou à pied, chacun tente de décrypter les divers éléments avec son équipe.

Ainsi, nous avons droit à un joli cours d’histoire d’art toulousain (oui, nous sommes très cultivés au roller derby ! ^^), dont le passé du quartier de la Dalbade.

1 PHOTO DALBADE

 

Tellement aventuriers, on grimpe aussi dans des bennes à ordures !

 

2 PHOTO CAMION POUBELLE

 

On croise une bande de fous en patins dans un enclos à jeunes pousses.

 

3 ENCLOS JEUNE POUSSE

 

Cultivés, un peu intenables, on est tous un peu bizarres finalement, mais nous demeurons de grands gourmands !

4 LE POUSSIN BLEU

Après cette charmante matinée de jeu, nous nous rendons sur les allées Jean Jaurès afin de prendre une photographie collective lançant une grande campagne publicitaire destinée à nous aider à obtenir un lieu d’entraînement couvert. Oui, parce que même si on aime notre chère place de l’Europe, elle ne nous offre pas des conditions optimales ! Repère de skateurs depuis le début des années 90, puis envahie par le chouette monde du derby, cette place est devenue notre QG. Nous la connaissons tous par cœur, elle a même été marquée par nos chairs et nos sueurs. On l’apprécie au printemps ou bien en automne. Un peu moins au mois de juillet, quand son bitume brûlant nous laisse assoiffés. Et encore moins en hiver, quand son sol mouillé devient dangereux et glissant (parfois, on se retrouve même avec le nez cassé !). Par conséquent, on souhaiterait obtenir durablement une salle couverte qui améliorerait nos conditions d’entraînement en nous abritant notamment des variations météorologiques.

 

5 CAMPAGNE DE PUB JEAN JAURES

 

Après avoir été photographiés ci et là (oui, dans cette asso’, on est trop des mondains !), pause repas. On s’arrête déguster un bout. Enfin, surtout de la viande ! De la viande et beaucoup de patates ! Et c’est la panse bien garnie et sous un soleil omniprésent que nous nous préparons à la prochaine étape de la journée : l’Addictive Paintball de Toulouse !

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Le paintball… Mmm, comment dire ? Alors oui, c’est assez intéressant comme atmosphère. Au départ d’ailleurs, tout le monde se marre : c’est fun, on est tous ensemble en habits de chantier trop grands ou trop usés. Puis la gérante de la boutique, la célèbre Zaza du Démon, arrive un gun à la main. Enfin, une espèce de Kalachnikov à pression, plus lourde que bon nombre d’armes. Là, le plan d’attaque commence : explications du jeu, de la tenue de l’arme, des accès du terrain, des sorties de secours, etc. Genre on est en URSS et moi, je commence à avoir peur, je ne veux pas y aller… Mais trop tard ! Les arènes sont ouvertes !

Deux équipes sont faites : les bleus Vs. les verts/marrons. Immédiatement, tu remarques qui est pro de qui ne l’est pas. Il y a ceux qui ont leur propre tenue, un lapin rose tout équipé qui fait complètement flipper (surtout dans le noir), plusieurs commandos, une championne du monde de la discipline, des filles qui n’ont pas peur et puis il y a nous…

Second round (ouf, j’ai échappé au premier !) : là, il faut vraiment y aller. Masque de Dark Vador, check. Arme, check. Billes, check… Nous sommes en binôme. J’ai froid et peur, une sorte d’adrénaline en puissance m’envahissant. On ne voit rien. On est visé, mais pas touché. J’entends des cris « Cours ! Cours ! » et des bruits « Prouuuf ! Prouuff ! ». On avance pas à pas, bidon après bidon, quelques gouttes de sueur sur le front. On tombe sur un vieil avion abandonné. Puis un trou. Je tire, mais ça ne marche pas. « Vite ! Désamorcer la sécurité ! ». Les billes finissent par tomber à la renverse… (oui, d’accord, on nous avait bien dit qu’il fallait faire attention à ces jolies petites billes qui pouvaient s’échapper !) « Oh ! Comme elles sont jolies d’ailleurs ! » … Ah ! Me voilà touchée ! Fin de la partie.

Après toutes ces aventures, viennent enfin les plaisirs de la bouche ! On se douche, on se débarbouille, on se pomponne. A 21 heures, tout le monde est beau et parfumé. Là, dans une belle salle aménagée, de nombreux plats sont disposés un peu partout. Chips, quiches, pizzas, de multiples tartes, foie gras, jolis plateaux de sushis…

7 SUSHIS

 

Du vin blanc, du vin sec, du vin rouge, du rhum… Et des bières, beaucoup de bières ! Tout ça sur fond de musique !

Il y a même un baby foot !

8 BABY FOOT

 

Une sainte !

9 LOLLA

 

Des folles !

10 LOVE

 

Un Chili charmant !

11 CHILI

 

Un quizz cinéma !

12 QUIZZ

 

Hillary !

13 CHACK

 

Et même Gonzo !

14 DAVID

 

En fait, il y a nous ! Cette grande famille, ces sourires, cette bande fantastique de potes ! Ouais, il n’y a pas à dire : grâce à nous tous, Roller Derby Toulouse est une bien belle auberge espagnole ! ^^

 

Eli’pstichiatrix

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Addictive Paintball : http://www.addictive-paintball-toulouse.com/

Crédits photographiques : Emilie Eychenne, Martin Robin, Emma Yepez.