Une journée comme toutes les autres… Et si c’était le premier jour du reste de ma vie…

 

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..« You suck we blow ! »
En tant que nouvelle joueuse intraligue, j’ai connu il y a peu le nom de l’équipe intraligue dont j’allais faire partie. Et ce n’est pas rien pour chaque patineuse dans ma situation car, après des mois d’attente, on sait enfin quelle est notre nouvelle tribu. Pour les personnes ne partageant pas cette passion, ou la passion d’un autre sport, cette réaction peut sembler excessive. Cependant, je vous garantis qu’appartenir à une équipe, porter ses couleurs et hurler ensemble son cri de guerre, c’est un peu une consécration.
La journée du samedi 11 janvier est un événement très attendu par l’association Roller Derby Toulouse et les autres amateurs de roller derby : il s’agit de la première journée intraligue de la saison, soit un beau mélange de patineuses évoluant dans le même club et s’affrontant entre elles, quel que soit leur niveau. Personnellement, j’appréhende un peu le fait de jouer contre les super stars de nos équipes A (Nothing Toulouse) et B (Blocka Nostra).
Avant le mois de septembre, tous ces pseudonymes de joueuses, tout ce sport, tout ce milieu particulier, tous ces matchs et toutes ces règles constituaient pour moi un joli mystère. Et puis, comme ça, du jour au lendemain, c’est devenu une évidence, un bouleversement. Plus qu’une famille, plus qu’un conjoint, plus qu’un partenaire, le roller derby apporte amour, joie, famille, amis et moments intenses. Évidemment, cette réflexion est romancée, mais nous n’en sommes pas loin.
D’ailleurs, évoquons ces « moments intenses »…
La veille du tournoi, la pression monte, le ventre est tiraillé de tous les côtés, des questions existentielles sans aucune réponse se succèdent : « Vais-je y arriver ? », « Vais-je les décevoir ? », « Et si je jouais mal ? », « Les règles ? Ah, ces maudites règles ! ».
Le jour J, le réveil sonne, le stress est présent, à son maximum. La nuit a été courte mais il faut courir, veiller à ne rien oublier, vérifier son sac pour la millième fois : chaussettes, short, bandana, protections, protège-dents, bouteille d’eau, casque, -penser à prendre des fruits-, revérifier le casque, encore une paire de chaussettes, les roues d’intérieur, les roues d’extérieur, les lacets de rechange, etc. Puis un déjeuner de reine : fruits, céréales, jus d’orange, tartines de beurre, café.
Midi, déjà l’heure de partir. « Mince, les patins ! »
Trois énormes sacs sur les épaules plus tard, me voici prête pour LE jour ! Enfin !
Arrivée au gymnase, j’ai mal au ventre. Mes coéquipières sont aussi stressées et cela est finalement rassurant. C’est le moment des installations. Chacun se met à la tâche afin que le gymnase Arnauné puisse accueillir le public.
Il est 14h. Le premier match se joue entre les Dirty Vixens, des poulettes aux leggins couleur léopard, et les Tenacious Dolls, parées de jaune et violet. Puis vient le moment pour nous, Iron Squids, d’aller se préparer. Mise en tenue, échauffement, autant vous dire que le souffle s’accélère. Heureusement, mes coéquipières sont très rassurantes et maternelles…
16h35, en piste ! Nous voilà sur nos roulettes, entièrement vêtues de rouge et noir. Ça y est, c’est à nous, nous y sommes ! Et à 17h le match sera lancé ! Dans ces rencontres-ci, ce qui est difficile est que tu affrontes tes copines : sur le track, tu les retrouves adversaires. Premier coup de sifflet, premier jam. Tout va très vite. Il fait chaud. Il y a du bruit. C’est dur. Puis second jam. On ne lâche rien, je ne lâche rien. On s’encourage. Big Jim et Mémé Castagne sont au rapport pour nous coacher. Le temps passe. Le score est serré. Le public nous encourage et ça fait plaisir à voir. Mi-temps : bananes, jus d’orange, de l’eau, beaucoup d’eau. Reprise : on y retourne avec la niaque. La seconde période de jeu est plus difficile. C’est dur, très dur. Je me sens à bout de souffle, mais je fonce. Nous perdons le match, mais ce n’est pas bien grave.
Ce mélange d’émotions est assez drôle. Finalement, le stress redescend mais j’ai toujours cette boule au ventre parce que je suis fière. Nous sommes fières. Fières d’avoir joué, fières de nous être amusées. Heureuses d’avoir transpiré, hurlé, évolué ensemble sur la piste, TOUTES ensemble. Parce que tout cela, c’est juste du partage. Et le partage, humainement, il n’y a pas plus beau. C’est ça d’être en vie.
Bref, c’était mon premier tournoi intraligue et sûrement pas le dernier… ^^
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Moment de cohésion d’équipe : le cri de guerre des Iron Squids.
Eli’pstichiatrix
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Crédits photographiques : Florent Lagasse (https://www.facebook.com/lagasse.florent?fref=ts) et MiKa HemSi (http://www.hemsiprod.fr).