French Connection IV, la folle épopée de La Riette

.

C’est demain. Je répète l’information : c’est demain. Travail fini, derby en intraveineuse en perspective pour le week-end. Le portable sonne. Message reçu : soirée au bar ‘La Mécanique des Fluides’, tout le monde, derby, Caen, Rosbifs, tous là, bière. Huuuum, appel de la bière. Ok, je viens, évidemment (esprit faible que je suis). Il va falloir faire preuve de RESPONSABILITÉ (être adulte quoi) et se contrôler.  Après un laborieux débat entre moi et moi-même, « coucouche panier », je rentre bien gentiment ni tard ni pleine de bière. Les copains sont au Nasdrovia, notre petit QG. Alors du fond de mon lit, les yeux grands comme des soucoupes et les sourcils froncés, mon cœur saigne. Pas juste.

Jour J. On y est, tac-tac (expression de nazes ringards), je suis au max’ de la forme, pleine d’énergie et sur un nuage. Je suis perchée très haut. Des gens partout. Toute la France et la Navarre sont à Toulouse. Bonjour, chat-bite ou câlin, on se retrouve tous. On est tous à nos postes, Nico en chef d’orchestre. Je trouve un petit créneau pour tester mes patins (flashback : ayant arraché mes boots jeudi soir, Suzie m’a prêté ses anciens R3). Je sais, je sais, je n’ai pas pu tester avant. Dans mon coin, je chausse et pas moyen de faire 10 mètres sans tomber. Qu’est-ce qui se passe dans ma tête ? Panique à bord. Grosse grosse panique. Quelques réglages à faire, mon œil. Suzie est une bête de jammeuse, ses anciens patins sont… légèrement dé-serrés. Je ne sais combien de tours de clef plus tard, j’ai amélioré la situation mais je tiens mal. Larmes. Je craque. Slash demande si ça va : évidemment que oui (grand sourire). ERREUR N°1.

La journée passe. Créneaux de bénévolat, je souris comme le chat du Cheshire. Mais je ne me sens pas naturelle là. Je me dis que ça va passer. ERREUR N°2.

Match des Quad Guards, le premier de Jules. J’ai juste avalé mes ongles et failli attaquer les os. Devant ces montagnes de muscles galloises, j’ai cru qu’il allait se faire écrabouiller. On rate la fin de la rencontre pour entamer notre échauffement. Sophrologie pour se couper un peu de cette ambiance de kermesse. Pas eu le temps de manger. Bon, ben tant pis. ERREUR N°3.

Je croise toute la smala (famille du 21ème siècle oblige, recomposée donc nombreuse). Ils sont tous là. Confrontée au jugement suprême maternel, je suis ramenée à mes quatre ans. J’ai les chocottes. Ah ben Riton, là, elle ne fait pas la fière devant mamounette. Les copains sont présents aussi, ça n’aide pas à déstresser. ERREUR N°4. Trop de gens vont me voir, des gens que j’aime. Ils vont plus m’aimer si je suis nulle ; j’ai changé d’avis, je pars d’ici.

Début du match dans l’illusion totale envers moi-même de gérer toute cette avalanche en préparation. Une guerrière aurait oublié tout ça et tout donné avec les sourcils froncés. Moi, j’ai failli vomir et tomber dans les pommes. Et les fois où j’ai joué, ben c’était moche. Voilà voilà. Riton au tapis. Les collègues, elles abattent du beau boulot, propre, précis, efficace. J’étais à côté de mes pompes mentalement, mon corps n’a pas suivi. [D'ailleurs, second souffle, si tu m'entends, je t'attends toujours.] Je ne sais plus trop si je ris ou si je pleure. C’est fini, fin de saison. Merde.

.

1

2

3

.

On s’en fiche hein, parce que là, maintenant, c’est l’AFTER. Mot bien propre pour résumer une vaste soirée bien arrosée, pleine de joie, de bière. La bière m’a même fait parler anglais (enfin je crois). Je dors vaguement deux heures.

Réveil. Là, de suite, j’ai franchement pas envie de me lever. Combo survie (clope-café(-bière)) en boucle qui m’a maintenue toute la journée. Magique. Je rencontre mes petites ressortissantes « rougoslaves » (mon équipe pour le Sur5al). Elles en veulent, elles sont timbrées, souriantes et pleines d’énergie. Parfait. Je me fais rougoslave !! Elles m’ont fait passer une journée de fifou, j’étais pleine de positive attitude (chuuut à ceux qui ont la référence !). Et un combat de boue avec un écureuil a clôturé ce week-end de grand malade.

.4

.

J’ai ressenti toutes les émotions possibles lors de ces deux jours. Punaise, j’étais sur les rotules mentalement et physiquement. Hâchée.

J’ai des devoirs d’été : travailler éventuellement mon mental et ma gestion du stress, et puis tout simplement devenir une machine au pays des machines (easy).

Nothing Toulouse, je ne compte pas vous lâcher de sitôt !! <3

.

La Riette #000

.

—————————

Crédits photographiques : MiKa HemSi / HemSi-Prod.

https://www.facebook.com/HemSiProd?fref=ts

http://www.hemsiprod.fr/