Aspirante Fresh Meat ? Chef, oui chef !!!

 

Ça y est on y est, le jour J. Je vous avoue qu’à 8h45, on ne sait plus trop ce qu’on fait là : ça semble suicidaire, on se dit que de toute façon on est bien trop douillette pour ça (et puis on a en tête les images de la dernière journée du championnat Intraligue fin juin…), bref soyons clair, on a les chocottes grave et on fait pas les fières !!!

 

Ce qui est cool c’est qu’on retrouve quelques copines : celle qu’on connait bien, celle qu’on a croisée cet été et qui, comme nous, suait sang et eau pour s’entrainer et essayer d’être au niveau. Et quelques têtes connues, nos héros et héroïnes, ceux qui nous ont fait rêver en match la saison dernière, ceux qu’on admire, ceux qui font qu’on est là aujourd’hui, qui nous ont donné envie de tenter notre chance, nous aussi… (non, non, je fais pas du lèche cul éhonté, et puis de toute façon c’est trop tard pour ça, les résultats sont déjà tombés !).

 

Tout le monde est arrivé, les portes s’ouvrent, c’est parti ! Le ton est donné « On va pas retenir tous vos prénoms alors vous aurez toutes et tous un numéro sur le bras et sur le casque, ça sera vachement plus simple ». Voilà, c’est le moment exact où le terme de « fresh meat » a pris tout son sens…

 

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Après un speech de présentation de Bravehurt et quelques échauffements, on rentre dans le vif du sujet : du gainage, de l’endurance, des tests divers et variés. On se félicite d’avoir un peu anticipé et ressorti les baskets cet été ; on se maudit de ne pas en avoir fait davantage. On se sent ridicule aussi : ça n’a pas l’air si dur et pourtant on n’y arrive pas… Alors on serre les dents, comme les copines.

 

La matinée avance, on a de moins en moins de jus dans les jambes. Au détour d’un exercice, on demande aux autres comment elles vont : « encore 30min à ce rythme et mes jambes vont lâcher… ». OK, je me sens moins seule. Finalement, on est presque heureuses de chausser les patins et que le calvaire du Off skate s’arrête. Grossière erreur jeune Padawan ! Mes cuissots délicats ne sont pas habitués à être sollicités comme ça et j’ai bien failli m’étaler de tout mon long sur les premiers mètres. Bon, on patine un peu, on retrouve nos marques et c’est reparti pour les exercices et tests jusqu’au moment fatidique : les chutes…

 

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Oui je sais, ça doit faire sourire la plupart d’entre vous mais pour nous, c’est une nouveauté et ça fait peur. On garde toutes et tous des souvenirs émus de contacts plus ou moins virils avec le goudron de la rue devant chez mamie quand on était gamins, et on n’a pas une folle envie de retenter l’expérience. Slash Gordon et le Rôtisseur se veulent rassurants : « Non mais vous inquiétez pas, les protecs c’est fait pour ». Mouais… En même temps, on n’a pas bien le choix alors on se lance… et effectivement non seulement ça fait pas mal, mais en plus c’est fuuuuuuun (oui il m’en faut très peu pour m’amuser).

 

La matinée arrive à sa fin, on va pouvoir grignoter un bout. Oui, oui, grignoter parce qu’autant vous dire qu’en 30min, je me fais pas entrée / plat / dessert moi. On papote avec les autres et on se rend compte que tout le monde est dans le même bateau, vidé, heureux d’être là et que quoi qu’il arrive, personne n’abandonnera avant la fin (c’est beau !). Charles Martèle nous explique les règles du derby. On boit ses paroles, on a l’impression de se retrouver à l’école à noter consciencieusement tout ce qu’il nous dit. Les questions fusent, les mises en situation, on y voit quand même beaucoup plus clair : ce track qui apparait comme une zone de non-droit où tous les coups sont permis est en fait très encadré par des règles, ça en est presque rassurant.

 

Une fois les règles présentées, Crayola Killer nous emmène trottiner dehors… les 5min les plus longues de ma vie. Les jambes n’avancent plus, on se gamelle sur la moindre touffe d’herbe ou taupinière qui dépasse. Message reçu 5/5 : va falloir bosser le physique… C’est le moment de rechausser les patins, on a un peu peur : si l’aprèm continue au même rythme que la matinée… Bref on préfère ne pas y penser et finalement on a bien fait, ce sera essentiellement des jeux. Et là tout est oublié, les douleurs partout, les protecs qui puent la mort en mode j’vous-jure-j’ai-jamais-senti-un-truc-qui-pue-comme-ça, on s’amuse !!!

 

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On oublie les patins, on réfléchit moins aux mouvements qu’on fait, on oublie même nos sergents instructeurs. Bon ok, des fois on croise leur regard et on se sent tout petit… Il n’empêche que le temps passe à une allure folle et qu’on est presque déçus de devoir enlever tout le matos et remettre nos baskets pour les étirements. Petite séance de questions / réponses et la journée s’achève. Ouf…

 

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À ce moment là, on réalise ce qu’on vient de faire, on a TENU. Oui, et toute la journée en plus ! On repense à nos prestations respectives, on se dit qu’on a vraiment pas été au top, mais que c’était tellement cool que si ça passe pas cette année, on y retournera en 2015 avec un an de patin en plus. On appréhende un peu la réponse aussi… Et puis attendre lundi pour avoir les résultats, c’est loin… Mais on repart grandies, le torse bombé avec plein de nouvelles copines, parce qu’on a beau dire, en chier ensemble ça crée des liens !

 

« Eh les filles, vous venez boire un coup ce soir, hein ?! ». J’avais presque oublié qu’il était pas encore complètement fini, ce recrutement ;)

 

 

Caroline

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Crédits photographiques :

Florent Lagasse / https://www.facebook.com/lagasse.florent?fref=ts