J 4 : A la rencontre de Nina Backdraft, capitaine des Nothing Toulouse (All Star A)

 

Derby name et numéro : Nina Backdraft, 72.

 

Comment et pourquoi as-tu choisi ce nom et ce numéro ? Nina, c’est le surnom que me donnent ma famille et mes amis, alors ça allait plus ou moins de soi ! Pour Backdraft, c’est une des nombreuses idées de mon frère aîné qui est pompier à Paris. C’est un terme utilisé pour désigner l’un des pires cauchemars des pompiers. Et si je fais peur aux pompiers, alors j’ai des chances de faire peur à tout le monde… Ou pas ! Quant au numéro 72, il s’agit simplement de l’addition de chaque date de naissance de ma famille proche. L’idée de porter ma famille avec moi sur chaque match me plaît plutôt bien.

 

Équipe et/ou  équipe intraligue : Nothing Toulouse (All Star A) et, avec les filles, j’inaugure cette année la petite dernière de Toulouse : les Iron Squids!

 

Age : 22 ans.

 

Position(s) préférée(s) : Jammeuse.

 


Dans la « vraie » vie ? Je suis Auxiliaire de Vie Scolaire. J’accompagne les enfants en difficulté et/ou en situation de handicap qui sont scolarisés dans les écoles classiques. Ils ont parfois besoin d’un petit coup de pouce sur leur temps scolaire et je suis là pour ça. J’adore ce que je fais et ils me le rendent vraiment bien ! Quand on est gamin, tout le monde veut nous occuper l’esprit (et surtout le mercredi après-midi !) avec des passions tout ça… Alors j’ai bien tenté de jouer un peu de guitare, de me mettre au dessin, j’ai fait un peu de sport… Jusqu’au jour où j’ai compris que ce n’était pas de mes mains mais bien de mes pieds qu’il fallait faire quelque chose ! Aujourd’hui, je peux le dire : ma passion c’est le roller derby !

 

Quand as-tu commencé le roller derby ? On ne va pas se mentir, j’ai connu le roller derby à travers le film Bliss de Drew Barrymore (allez les filles, je sais que vous aussi !). Mais la simple idée que ce sport de dingue pouvait exister en France ne m’avait même pas traversé l’esprit. Ça aurait été trop beau pour être vrai ! A la fin du mois d’août 2011, je quittais ma région nantaise pour venir m’installer à Toulouse, sans vraiment savoir pourquoi. Et il a suffi d’un soir, deux jours avant mon départ, pour que je rencontre Alicia -derbygirl nantaise- et qu’elle me dise « Toulouse ?! Tu vas te faire plaisir ! Y’a un super club de derby là-bas !”. Et me voilà pour la première fois sur des quads le 6 octobre 2011 !

 

Qu’est-ce que cela a changé dans ta vie ? Je viens d’une famille dans laquelle le sport est primordial, à la limite de la valeur morale (haha !) ! Maman sur les tatamis, les frangins sur les terrains de rugby et Papa sur les deux tableaux. Le vilain petit canard attendait son tour. Jusqu’à l’apparition du roller derby ! Ils en sont tous dingues ! Ce que le roller derby a changé dans ma vie ? L’épanouissement suprême, la fierté de ma famille qui m’encourage chaque jour dans ce que je fais et (enfin) un véritable intérêt pour le sport ! De plus, j’ai rencontré des personnes géniales et connu un nouveau rythme de vie !

 

Avais-tu déjà fait du sport auparavant ? Oui, j’ai pratiqué le patinage artistique sur glace, le roller de vitesse et un peu d’arts martiaux.

 


As-tu un rituel d’avant match ? Pas de rituel particulier pour ma part. On fait toujours en sorte de se mettre dans le match, de se concentrer et de se détendre en même temps.

 

Tu es capitaine de l’équipe All Star A, les Nothing Toulouse. Peux-tu nous parler d’un match, celui contre les garçons des Quad Guards par exemple ? Ce match ! Ouverture de la saison pour les Nothing Toulouse ! Après les abandons successifs de deux équipes (NDLR : Gent et Hérault Derby Girlz), il a bien fallu trouver une solution de secours. Pourquoi pas les Quad Guards ? C’était un beau challenge à tenter ! Notre équipe ayant été remodelée en début de saison, on a toutes dû apprendre à trouver de nouveaux repères pour pouvoir jouer ensemble et ce match a clairement été la signature du contrat d’engagement et de cohésion de chacune pour la saison à venir ! Outre notre victoire, l’on a énormément gagné pendant cette rencontre ! Il me semble qu’on a toutes eu un déclic de confiance et d’investissement les unes envers les autres. On a su donner le meilleur de nous-mêmes et appliquer ce que nous avions travaillé avec Slash et Killian les semaines précédentes. C’est un très bon souvenir et une superbe expérience pour mon premier match en tant que capitaine de cette belle équipe !

 

Tu es jammeuse. Peux-tu nous en dire plus sur ce poste ? Pourquoi l’as-tu choisi ? La jammeuse est souvent mise en avant car c’est elle qui marque les points. Mais il ne faut pas oublier qu’une jammeuse n’est rien sans ses bloqueuses. Le derby est un sport d’équipe : peu importe le poste que l’on occupe, chaque personne est indispensable. Il se trouve que je me sens bien dans ce rôle tout simplement parce que je trouve l’adrénaline que je recherche. Je n’ai pas choisi d’être jammeuse, je pense qu’on trouve toutes naturellement nos places, les postes dans lesquels on se sent le mieux et les plus efficaces.

 

J’aime : L’honnêteté, les relations simples et spontanées, le naturel.

 

J’aime pas : L’hypocrisie, le mensonge et le melon (au sens propre et figuré !).

 

Une expression bien à toi : Truc de fifou !!!

 

Le mot de la fin : Pour mon petit papa qui ne voulait pas que sa petite fille se casse sur un terrain de rugby : finalement, je ne sais pas ce qui est le pire !

 

Interview réalisée par Mini Môme Kills

——————–

Crédits photographiques : HemSi Prod et Sébastien Trezel.