Trois mois après les faits, je me décide à vous parler de cet événement ENORME auquel j’ai participé de l’intérieur… La première Coupe du Monde de Roller Derby.

Mais avant ça, petit récapitulatif de la situation.

Le Roller Derby c’est quoi ?

« Le roller derby était au départ, dans les années 1930, une course d’endurance sur piste, ouverte aux femmes mais aussi aux hommes, qui se tenait parfois sur des distances de plus de six mille kilomètres. Leo Seltzer, le créateur de ce sport comprend alors que les gens sont plus intéressés par les bagarres et les contacts entre joueuses et décide donc d’introduire les contacts dans les règles du roller derby.

Après une période d’âge d’or, le roller derby perd de sa notoriété dans les années 70 et 80. Cependant, un regain d’intérêt pour ce sport refait surface dans les années 2000 à Austin dans le Texas sous une forme plus moderne et presque essentiellement féminine.

Le roller derby est depuis devenu un sport mondial. »

Source « Wikipédia ».

En France, ce sport est arrivé suite au film « Bliss » de Drew Barrymore, sortie le Janvier 2010 sur nos écrans de cinéma. Il raconte l’histoire d’une fille (interprétée par la sublime Ellen Page), qui délaisse les concours de beauté pour se faire une place au sein d’une équipe de Roller Derby. C’est donc tout naturellement qu’en février 2010, des équipes se forment à Paris, Bordeaux et Toulouse. Aujourd’hui on en compte pas moins d’une cinquantaine sur le territoire Français.

 

Formation d’une équipe et financement du voyage.

Suite à l’annonce d’une Coupe du Monde qui se déroulerait à Toronto, des sélections ont été organisées le 17 Juillet 2011 à Angoulême pour former une équipe Française. Peu de temps après, les résultats tombent. L’équipe est constituée de neuf Parisiennes (Paris Rollergirls), trois Bordelaises (Les Petites Morts), trois expatriés (D.C Rollergirls, Pioneer Valley Roller Derby, Montreal Roller Derby), cinq Toulousaines (Roller Derby Toulouse) et de quatre coachs.

De juillet à novembre des entraînements en commun ont eu lieu. Pendant plusieurs semaines l’équipe se mobilise au quatre coins de la France. Divers moyens sont mis en place pour financer le déplacement du groupe : concours, concerts, soirées d’Halloween, appels aux dons…

Le Roller Derby n’étant pas encore considéré comme un sport à part entière en France, le financement du voyage aura été intégralement pris en charge par l’équipe. D’ailleurs nous n’avons pas eu l’autorisation de nous appeler « Équipe de France », nous avons donc joué sous le nom de « Team France ».

 

Ma coupe du monde, mon point de vue, mon équipe.

Maintenant, j’enfile mon costume de Maggie Yo Teen, et je vous fais le compte rendu de ces quatre jours intenses de Roller Derby.

J’ai donc eu la chance d’être choisie pour représenter mon pays. C’était très excitant ! Je suis partie à Toronto avec quatre coéquipières et amies : Audrey/Cash Pistache, Sophie/Bambu Sengoku, Charlotte/Chakk Attack et Morgane/Bestia Loca. Tout ça sous le regard bienveillant de nos deux coachs Nicolas/Bravehurt et Laurent/Slash Gordon.

Pendant cinq jours nous avons vécu au rythme des entraînements, des matchs, des victoires et des défaites, aux côtés de douze autres pays.

Pour les premiers matchs nous étions divisés en quatre groupes :

Groupe A : Brésil, France, Suède, Canada
Groupe B : Australie, Finlande, Allemagne
Groupe C : Ecosse, Nouvelle-Zélande, Etats-unis
Groupe D : Angleterre, Argentine, Irlande

 

C’était réellement impressionnant d’affronter des joueuses du monde entier. Le bunker était rempli d’environ 2000 spectateurs et les entrées se faisaient à guichet fermé. Nous avons fait le match d’ouverture contre le Canada. C’était très intense, et nous avons subi notre première défaite et pas des moindres : 244 à 17. Au final, sur ces quatre jours nous aurons joué contre le Canada, le Brésil, la Suède, l’Angleterre, la Finlande et la Nouvelle-Zélande pour un total de quatre défaites et trois victoires.

Nous avons fini septième au classement final. Notre équipe était relativement récente, presque toutes les joueuses faisaient du derby depuis un peu moins de deux ans, contre par exemple, environ cinq ans pour le Canada et l’Angleterre. Les États-Unis ont remporté la coupe avec une facilité déconcertante. Ces filles sont de vraies athlètes, on comprend clairement en les regardant, que le sport est une culture forte de leur pays.

C’était une expérience unique et très forte sur le plan physique et émotionnel. Comme pour toutes les premières fois il y a eu des ratés, des moments un peu difficiles. Depuis peu on sait que la prochaine Coupe du Monde se déroulera à  fin 2014.

Du coup j’ai décidé de vous donner des astuces pour bien aborder votre, éventuelle, première Coupe du Monde !

Les 8 astuces pour bien vivre sa première Coupe du Monde de Roller Derby ! 

Astuce n°1 : Partir avec une petite trousse médicale.

Les journées sont longues, et une fois sur place, pas trop le temps de courir à droite à gauche pour acheter des médicaments. Alors mieux vaut prévoir les maux de tête, et les maux de ventre. Le stress peut être assez fort durant les compétitions de haut niveau. Pensez éventuellement à prendre avec vous un gel de massage de type Arnica. Après trois matchs, les courbatures viendront gentiment vous saluer. Je pense tout particulièrement aux jammeuses (les nôtres étaient en compote après une grosse journée).

Astuce n°2 : Avoir des boules quiès ou un I-pod dans sa poche.

Pour cette astuce, petit clin d’œil à nos coachs, qui ont du entendre les plaintes et demandes de vingt joueuses en non-stop pendant quatre jours. Alors quelques minutes de tranquillité de temps en temps, c’est pas de refus. Et puis vous vous retrouverez peut-être dans la même chambre qu’un ou une grosse ronfleuse, double utilité !

Astuce n°3 : Se préparer à ne pas faire tous les matchs.

Pour avoir été dans cette situation, je vous conseille de vous préparer mentalement à ne pas jouer sur tous les matchs, et peut-être jouer un peu moins que prévu. Les coachs doivent composer avec une équipe de vingt filles, et il se peut que vous ne soyez pas choisit à chaque fois. Ça fait partie du jeu. C’est pas toujours agréable, mais c’est comme ça. Vous aurez un peu plus de temps pour faire du shopping. Ce qui m’amène n°4…

Astuce n°4 : Retirer des sous dans une banque.

Sur place, vous avez des stands PARTOUT ! Des patins, des habits derby, des roues, des magazines, des shorts, des bijoux… Le royaume de la tentation pour les fans de roller derby. Donc si vous comptez faire un gros achat, prévoyez de retirer de l’argent avant l’achat, en ville par exemple. Sur place ils mettent généralement un distributeur de billets d’appoint, mais il y a la queue, et les billets partent vite. De plus les frais sont plus élevés sur ce genre de machines que dans une banque.

Astuce n°5 : Prévoir une bouteille d’eau.

Sur place, prenez l’habitude d’avoir votre bouteille. Le premier jour de la compétition l’organisation de l’événement devait nous en fournir, mais cela n’a pas été le cas. Du coup on nous a dépanné avec de l’eau vitaminé au fruit du dragon. Personnellement, pendant le match, j’avais juste envie de boire de l’eau plate.

Astuce n°6 : Avoir des marqueurs noirs sur soi.

Un oubli de brassard, un oubli de marqueur et c’est la panique ! Il vous faudra obligatoirement votre numéro sur vos bras, alors prévoyez les gros feutres noirs, ça vous évitera un ulcère.

Astuce n°7 : Prenez des vêtements chauds ou un plaid.

Vous êtes debout depuis 7h du matin, vous avez joué deux matchs, et vous avez un coup de barre ! Bien sûr, rien de tel qu’une petite sieste, mais il peux faire froid dans les vestiaires suivant le lieux de la compétition . La preuve en image.

Une joueuse se reposant. Photographie Morgane Picaut.

Astuce n°8 : Préparez vous à être une star.

Pendant ces quelques jours vous aurez parfois l’impression d’être la Madonna du Roller Derby ! Des photographes, des caméras.. vous serez sollicitez ici et là. Alors si vous n’êtes pas très à l’aise avec votre sourire bright, posez dés à présent devant votre miroir. Cela vous évitera des photos surprises (encore une fois, je parle en connaissance de cause!).

 Magali Casteran.