Sur5al for boys – Windsor (U.K.) – 20 octobre 2012

 

Question : que faire quand on rentre d’un championnat d’Europe avec la frustration de manquer de peu la première marche du podium ? Réponse : chercher la première occasion d’affronter de nouveau ceux qui vous ont « volé » le titre !

À l’origine, le Sur5al est un événement exclusivement féminin organisé par les Royal Windsor Rollergirls. Le principe est simple : on y inscrit une équipe de cinq joueuses qui affrontera la quinzaine d’autres au cours de jams de 2 minutes incompressibles où seules comptent les victoires, peu importe le score. À l’annonce de la création d’un « Sur5al pour nous, les hommes », nos esprits s’étaient enflammés et plusieurs d’entre nous s’étaient pris à rêver de constituer une « Dream Team » afin de rencontrer la crème des joueurs anglais ou simplement une « Rookie Team » pour prendre du niveau !

Puis vint le premier Championnat européen de roller derby masculin qui vit naître en nous une envie de revanche face aux ténors des Southern Disconfort, la fameuse équipe londonienne qui eut raison de nos espoirs en nous ravissant la première place… Mais ce championnat eut aussi raison de nos finances et la première complication pour participer à ce Sur5al fut de trouver des joueurs en mesure de s’autofinancer. Exit donc la Dream Team France et bonjour les « Nothing Toulouse », soit un mélange des Quad Guards les plus motivés, disponibles et fortunés d’entre nous… Bon, je fais partie de la dernière catégorie : j’ai acheté ma place, j’avoue. C’est moche mais c’est aussi ça la force du derby : pas forcement besoin d’être un cador, c’est un sport d’équipe. Il faut faire le job et être tenace car c’est souvent cela qui compte.

Bref, après moult atermoiements et désistements, nous voilà inscrits, billets d’avion et voiture de location réservés. Jour J, nous voilà partis ! La pluie et le froid se chargent de nous rappeler où nous sommes. Première étape : le frère de Mr. Furieux nous héberge gentiment dans son superbe cottage : il est déjà 1h30 et l’on doit décoller à 11h30. Aussi, pas de temps à perdre et au lit !

Breakfast de la fine équipe ! (Le Rôtisseur prend la photo !) ^^

Nous arrivons sur place le lendemain, bien reposés. Les gens nous sourient, certains nous reconnaissent suite au Championnat européen et on échange quelques « Hi ! » aériens jusqu’aux vestiaires.

Petites retrouvailles pendant l’échauffement…

Les tee-shirts de couleur paprika numérotés à notre effigie nous font nous confondre avec les joueurs des équipes rouges et oranges, respectivement SDRD Douchbag Team et SDRD F*ckest Uppest. Je me dis que c’est un présage des chocs majeurs à venir mais c’est une douce illusion : chaque équipe fait preuve d’un niveau certain et nous le rappellera plus ou moins douloureusement…

Equipment check !

Tout s’enchaîne rapidement : les équipes, les manières de jouer, les gabarits, l’assurance, la rapidité, les stratégies ! Chaque situation est nouvelle et il faut y appliquer la même tactique en l’adaptant aux circonstances. Nous tâtonnons : tout d’abord B3, je me retrouve vite en B2 pour verrouiller l’intérieur avec Big Jim tandis que Le Rôtisseur et Slash Gordon forment la défense mobile, soit des chasseurs de jammeurs.

Les joueurs de Lincolnshire annoncent le rythme, certaines équipes nous surprennent, le lead nous échappe souvent, notre position sur la ligne de départ n’est pas toujours idéale. Néanmoins, nous sommes bien placés au score avec seulement un match nul qui vient ternir nos victoires successives !

Petite pause des « Survivants »

Par moment, le temps se suspend pour me permettre de m’extasier sur les coups d’éclat de mes coéquipiers : notre implacable capitaine Slash Gordon torturant un jammeur jusqu’à l’épuisement, l’agile Le Rôtisseur traversant indemne un pack immense sur un seul pied, l’imposant Big Jim éjectant un jammeur qui voulant emprunter SA ligne intérieure et l’aérien Mr. Furieux en saut Apex loop piqué laissant sans voix les bloqueurs adverses qui pensaient vainement être parvenus à le déséquilibrer !

Tout ça me donne du courage, m’inspire, m’aide à oublier la douleur d’une lombalgie importée de France. Après 7 ou 8 matchs, je profite d’une pause fortuite pour me remettre deux vertèbres d’aplomb, ma mobilité est grandement améliorée, je peux me baisser pour freiner !

Sonne alors la reprise ! Nous savions qu’une des contraintes spécifiques du Sur5al était le nombre réduit de fautes majeures autorisées et notre rigueur paye : nous voilà confrontés à des équipes souvent amputées d’un ou deux joueurs. Malgré tout, qu’il s’agisse des Londoniens de Noise Tank, des F*ckest Uppest ou de nos amis parisiens de la Panam Squad, aucun n’est là pour nous épargner : il convient de se méfier de la moindre brèche, chacun a sa carte à jouer ! Ça « hit » dans tous les sens ! Ça se faufile derrière nos jammeurs ! La pression est souvent énorme !

Contre nos amis parisiens de la Panam Squad !

Tenir, garder l’équilibre, savoir encaisser les chocs, les utiliser ou simplement les esquiver, c’est toujours le même mot d’ordre : « On fait comme à l’entraînement ! On garde notre ligne et on se reforme le plus vite possible ! ». Stratégie payante quand on a des chasseurs aussi rapides que Slash Gordon et alternativement Le Rôtisseur et Mr. Furieux selon qui est en train de jammer. De mon côté, je m’appuie autant que possible sur la solidité de Big Jim, serre les dents et freine la progression adverse de tous mes appuis pendant que Mr. Furieux engrange les points.

Puis vient le choc tant attendu : la Douchebag Team ou l’affrontement de Reaper et Ballistic Wistle Vs. Mr. Furieux et Slash Gordon ! La pression mise par Reaper est énorme ! Slash nous maintient pour éviter l’explosion de notre mur alors que Mr. Furieux voit ses tentatives solitaires de percées plusieurs fois déjouées par Ballistic Wistle ! On maintient une forme de statu quo jusqu’à ce que je commette l’erreur de casser le pack en rejoignant notre mur. Je me maudis en m’asseyant dans la penalty box car, à ce niveau-là, un joueur de moins, ça ne pardonne pas : la Douchebag Team l’emporte donc logiquement…

L’affrontement tant attendu : Douchebag Team Vs. Nothing Toulouse !

Les matchs restants ne seront pas non plus de tout repos, notamment celui nous opposant aux South Wales Silures de The Mechanic et General E Awesome. Ces joueurs extrêmement percutants nous donneront plusieurs fois l’occasion d’apprendre à voler !

Max’s Môme Dherbycide en mode antigravité !

J’aurai même droit à mon jam, pour le fun, contre le seul bloqueur restant d’une équipe décimée par des fautes majeures, mais aussi pour permettre à Mr. Furieux de s’économiser en vue du duel exclusif à venir Vs. Reaper ! L’occasion de jeter mes dernières forces sur le track et d’apprécier l’énergie retrouvée pour conclure ce tournoi.

Quand Reaper donnait tout ce qu’il avait pour éventrer notre mur, quand The Mechanic et General E Awesome nous enfonçaient les côtes, quand Jammie Dodger piquait dans le moindre interstice, c’est toujours la cohésion insufflée par notre capitaine et mes coéquipiers qui me faisait tenir bon. Grâce à eux, j’ai eu la chance et le courage de jouer tous les jams d’un tournoi de roller derby masculin et la fierté d’en avoir terminé second, à “une victoire et demie” de la crème du derby londonien.

Quant au duel Mr. Furieux Vs. Reaper ? …

Qu’en dire si ce n’est de conseiller de se ruer sur la vidéo qui tourne sur YouTube !

Il parait qu’en l’espace d’une nuit elle a atteint les 1200 vues : ça parle de soi non ! Néanmoins, je vais quand même me risquer à tenter de répondre à quelques « spéculations »…

Tout d’abord, tordons le cou à la rumeur : il ne s’agit pas d’un match arrangé ! Il n’y a pas non plus de trucage et aucun animal n’a été maltraité durant le tournage, à ma connaissance du moins.

Qui a attendu l’autre ? Pas de fuite, pas de laisser-aller convenu mais juste des passes d’armes explosives et une démonstration de leur potentiel respectif !

Pourquoi Mr. Furieux a-t-il donc “reapé” à la fin ? La légende retiendra que seule une marre de sueur laissée par leurs efforts titanesques peut expliquer une pareille chute !

Qui a gagné ? Ça dépend des points de vue car il n’était pas question d’une simple course mais bel et bien de l’affrontement des deux meilleurs jammeurs européens ! Si l’on retiendra la vélocité de Reaper, son départ foudroyant, sa stabilité et sa course affûtée, on n’oubliera pas la créativité de Mr. Furieux, sa souplesse, son audace et sa rapidité !

Tout cela fait qu’on ne peut désigner qu’un seul vrai vainqueur au final… Le public ! Car même si peu de personnes s’étaient déplacées, il régnait une véritable ambiance électrique ! Comme une sorte de tension qui explosait lors des rencontres les plus attendues ! Français ou Anglais, stars ou newbies, nous fûmes tous encouragés sans exception et l’ambiance se prolongea au-delà du stade via un after dans un pub organisé pour la remise des prix, pardon, la rafle des prix par la Douchebag Team.

Nous repartîmes donc les mains presque vides mais le cœur et la tête pleins de souvenirs irremplaçables…

Et bien sûr l’envie viscérale d’en découdre à nouveau ! Le plus vite possible !

La Douchebag Team ou les grands vainqueurs du tournoi…

 

Par Max’s Môme Dherbycide

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Crédits photographiques : Tim Brechin Photography, Steve Newton, 410Photography.

Tous les albums sont ici :

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