Vendredi 14 octobre, 20h, aéroport Toulouse Blagnac
Alors qu’un certain nombre d’entre nous sont déjà à Londres car partis plus tôt ou d’ailleurs (Angoulême, Montpellier), nous sommes une dizaine à nous retrouver à l’aéroport :  joueurs et public (dont les désormais célèbres Quadettes !). Non, il n’y a pas de stress : « Merde, je me suis trompé dans la résa de la navette », « T’es certain qu’on peut mettre ça en bagage à main ? », « Mais elle est où cette foutue carte d’identité ?! » sont ponctués par quelques « On va bouffer du rosbif !! ». Le ton est donné !
Enregistrement, contrôles de sécurité, nous voilà dans l’avion : beaucoup de rires, de cris, de photos, l’ambiance est assurée à l’arrière de l’appareil. Quelques révisions aussi, les livrets techniques sont de sortie. En moins de 2h nous y sommes. Sortie rapide de Gatwick direction le bus navette vers le centre-ville, bus devant nous déposer à Earl’s Court, clin d’œil au lieu de nos futurs exploits.
Arrivée en ville, mais pas encore à l’hôtel ! Pas loin d’une heure de marche avec les valises pour rejoindre les différentes auberges situées non loin de Hyde Park, ouais nous on ne déconne pas avec le standing ! Sur le chemin, on retrouve les Angoumoisins et on croise pas mal de belles caisses (sur roues ou en jupes courtes, question de point de vue !).
Re-enregistrement, longue et difficile ascension de 3 ou 4 étages, chacun prend possession de sa chambre dortoir. Il n’est pas loin de 3h du mat’, courte nuit au programme…

Samedi 15 octobre, 8h
Réveil difficile mais une grosse dose de motivation pour aller supporter l’équipe de France de rugby qui joue sa demi-finale de Coupe du Monde contre les Gallois. Partir en quête d’un pub ouvert à 9h du matin à Londres s’avère plus difficile que prévu ! On se retrouve finalement assez nombreux dans un pub assez typique rempli de Gallois et on assure (encore une fois) l’ambiance. La victoire est au bout du suspense.  Nous sommes félicités par quelques uns, dure loi du sport…
Retour à l’hôtel, faut bien préparer nos affaires de match avant d’aller manger, quand même : Mc Do, Fish and Chips, italien : pas mal de choix, pas très diététique tout ça ! On se retrouve tous vers 14h pour entamer notre dernière marche avant le match… C’est quand même grand Londres à pied !
On a tous le cœur serré à notre arrivée à Earl’s Court, c’est juste un endroit énorme et impressionnant !!! Le temps de trouver la bonne entrée, le hall, puis un grand escalier mécanique (qui personnellement m’a paru très long et lent !) pour arriver à notre salle…. Ah ouais quand même… « C’est là qu’on joue ?! ». Pas encore de public, il est 15h30 à peine, la salle fourmille de London Roller Girls qui finissent de préparer, d’aménager, de répéter. Premier reflexe, la piste : « Mais c’est quoi ce revêtement, on roule avec quoi les gars, roues d’intérieur ou d’extérieur ???! ». Quelques chaises nous accueillent le temps de l’ouverture des vestiaires, alors c’est atelier mécanique pour les Quads Guards avec au programme changements de roues : il faut toutes les essayer pour savoir ! Changement des tenues aussi, on enfile les protections pour aller rouler un peu sur la piste d’entraînement. C’est le moment où l’on commence à croiser certains de nos adversaires. Présentation rapide, poignées de mains : « Dis donc, c’est moi où ils sont quand même relativement à l’aise sur les patins ? ». Face à nous un florilège de bons gabarits. Je préfère d’ores et déjà être à ma place plutôt qu’à celle de Thomas le Rotisseur, l’avenir me donnera raison ! Quelques tours de pistes pour nous jauger, pour les juger aussi, dernier passage aux toilettes pour évacuer tout ce… stress. Puis vient le début du vrai entraînement mené par nos coachs.
Sur la piste annexe ou sur la grande piste, le maître mot est « cohésion » : ensemble, en pack, groupe serré autour de cette idée que dans quelques longues minutes, nous allons vivre un moment unique, notre premier match, en Angleterre, face à une équipe expérimentée. On se doute qu’en face on ne donne pas cher de notre peau, les petits frenchies bien propres sur eux. On s’attend à vivre un sacré dépucelage, chacun à notre manière, concentré comme jamais ou stressé comme jamais. Les quelques gentilles provocations de certains de nos adversaires ne nous déconcentrent pas. Quelques étirements, photo de groupe, discours d’avant-match des coachs, la gorge serrée mais tous ensemble, le match approche à grands pas, le public est là, l’ambiance commence à monter d’un cran…

 

 

 

Récit du match
Notre coach Cash Pistache nous a briefés et motivés, nous sommes remontés à bloc et prêts à en découdre. Lorsque l’on sort du vestiaire, on se dirige vers la piste. Une bonne partie du public est là. Voilà j’ai le palpitant qui monte et la pression avec. Nos amis toulousains et montpelliérains sont là, ceci fait chaud au cœur et donne vraiment envie de faire de notre mieux.
Nous sommes l’équipe reçue, nous commençons donc notre présentation en premier. Tous en ligne sur le bord de la piste, notre musique d’entrée commence. Il s’agit bien sûr du générique de la série TV « Alerte à Malibu ». Dés le début de notre « choré », le public est en délire, l’effet est réussi.
Nos pseudos sont annoncés tour à tour. Lorsque le mien est prononcé et que ça hurle, je ressens quelque chose d’unique : ça vous remonte des tripes jusqu’au cerveau et puis…. que c’est bon. Nous profitons à fond de cet instant, on a tous le smile scotché à nos visages, on est venu aussi pour ça et on savoure ce moment. Les Londoniens auront évidemment droit à un accueil plus chaleureux et puissant, forcément ils sont à la maison.
Je suis sur la première ligne et ce qui est très étrange, c’est cette sensation de ne pas du tout savoir comment ça va se passer. Comme je le pensais, ça part très fort :  le jammer de Londres rentre dans le pack à une vitesse folle, je pars à la chasse mais pas assez vite. Il part ! Pfffiouuuu immédiatement je me dis : « On va bien en chier ». Mais en fait on s’aperçoit vite qu’on n’est pas minables du tout face à eux. Les 10 premières minutes se passent bien, on tient au score, on travaille ensemble, on tient bien nos murs, les stratégies passent bien… La suite de la première mi-temps ne sera pas la même. On enchaine plusieurs fautes qui envoient nos jammers en prison, les Londoniens ont des power jams qu’ils exploitent à fond et ils prennent le large. Quelques incompréhensions d’arbitrage vont nous mettre les nerfs à vifs, l’énervement nous submerge (moi tout particulièrement, pardon les copains) et nous détruit psychologiquement. Nous finirons cette première mi-temps sur un score de 92-39 je crois.
Le retour dans les vestiaires a un goût amer mais nous avons tous cette rage au ventre. Notre coach (Cash Pistache) ainsi que notre capitaine (Slash Gordon) auront les mots parfaitement justes pour nous remotiver, nous recadrer et nous donner cette soif de vaincre : « On reste calme, on bosse ensemble, on tient nos murs, on fait comme à l’entraînement. On a toutes les capacités pour les tenir alors on va le faire ! Allez cri de guerre : Quad Guards, Quad Guards, QUAD GUARDS ! ».
Là je suis comme un lion et rien ni personne ne va nous empêcher de prouver qu’il va falloir compter avec nous. A partir de ce moment on marque les esprits.
La deuxième mi-temps démarre, je sens que mes coéquipiers et amis ont autant les crocs que moi. On va leur montrer comment les petits frenchies jouent au roller derby. Dès le début, on applique ce qu’on sait faire. Révélation : « Ça marche !! Les mecs on bosse ensemble ok ? ENSEMBLE ».
Les jams s’enchainent ainsi, on sent que les Anglais sont un peu déboussolés cat ils s’attendaient à nous voir démoralisés avec ce score à la mi-temps. En fait nous sommes bel et bien là. Je prends un plaisir dingue, je joue avec mes potes, contre une équipe qui a un gros level mais pas au point de nous mettre la pâtée. Je vis l’un des meilleurs moments de ma vie sportive !
Nous revenons au score mais un manque de maturité et d’expérience de notre part fait que nous n’appliquons pas les bonnes stratégies au bon moment, surtout au niveau des départs. Un point à travailler. La montre tourne, les 5 dernières minutes sont là, on comprend qu’on ne gagnera sûrement plus mais il est hors de question qu’on lâche. Nous allons même redoubler d’efforts et, lorsque sur les 2 derniers jams leur jammer ira en prison, nous exploiterons au maximum ces power jams pour marquer 26 points qui nous feront passer au-dessus de la barre symbolique des 100 points et ferront que nous aurons été à égalité de points sur la 2eme période.
Quand le dernier coup de sifflet retentit, nous nous jetons tous dans les bras de notre jammer Slash Gordon qui aura tout donné sur ce dernier passage.
La partie se termine sur un score de 173-116.
Nous n’avons pas gagné ce match mais l’un des objectifs est rempli : on a marqué les esprits !
De la bouche des Londoniens :
« – Ce match est le plus dur que nous avons disputé ».
« – Vraiment vous avez très bien joué, on s’attendait à vous mettre une raclée mais vous n’avez pas démérité ».
« – Vous êtes vraiment solides, on a hâte de disputer la revanche, en France bien sûr ».
De la part d’adversaires de ce niveau, cela me motive comme jamais pour progresser et gagner ce match retour.

 

Les images du match sur FB:
Helmet Newton : http://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150331295078325.349297.600818324&type=3
Daz Wilson 1st Half : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150352531750665.349843.632470664&type=3
Daz Wilson 2nd Half : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150352770010665.349905.632470664&type=3
Dereck Bremmer : http://www.derekbremner.com/blog/2011/october/london_rollergirls_season_4_bout_1

Samedi 15 octobre, heure oubliée, retour sur Terre !
Retour au vestiaire, pendant que se mettent en place les Londoniennes pour le match intra-ligue Harbour Grudges Vs Ultraviolent Femmes. La pression redescend tout doucement… Prendre le temps de se changer, aller voir le match des filles, ne pas arriver à le suivre car pas concentré, mais toujours le sourire aux lèvres !
Et déjà rapidement nous voilà tous repartis en groupe pour une nouvelle marche à travers Londres afin de rejoindre le pub pour une (quelques ?) bonne(s) bière(s) amplement méritée(s) ! Des étoiles plein les yeux, c’est le moment de faire plus ample connaissance avec nos adversaires du jour, mais pas que, car il faut bien reconnaître que beaucoup de monde est venu d’un peu partout en France pour nous soutenir ! Les verres et les photos s’enchaînent, on refait le match, encore étonnés de tous les compliments que l’on reçoit sur notre jeu et nos désormais fameux murs !
La fatigue commence quand même à se faire sentir, des petits groupes s’en vont peu à peu rejoindre leurs hôtels et leurs lits, certains repartent dès le dimanche matin…

 

Dimanche 16 octobre
Alors que certains bouclent leurs affaires direction l’aéroport, il est maintenant temps de profiter des réjouissances que Londres peut nous offrir ! Les groupes s’organisent, plutôt tourisme ou plutôt shopping, avec Camden comme point de passage obligatoire ! Encore une belle journée de marche et de découverte, de rires et de courbatures pour certains…
Nous sommes une petite dizaine à reprendre l’avion le lundi matin très très tôt, une courte nuit à Gatwick devant nous… Trouver le sommeil en mode « camp de réfugiés » , regarder les photos, les vidéos, s’occuper comme on peut ou se lâcher complètement une dernière fois, voilà le programme !
Un dernier enregistrement, une magnifique et méticuleuse fouille de sac pour Slash Gordon à cause d’une clé Allen et nous voilà dans l’avion. Le soleil se lève sur l’Angleterre alors que nous la quittons, mais pour la plupart d’entre nous le vol se résumera à une grosse sieste !

C’est au moment où l’on rentre chez soi que l’on réalise que ce week-end est un condensé d’émotions : du stress, de l’excitation, de la fierté d’avoir assuré notre 1er match mais surtout le sentiment que ce n’est que le début d’une belle et longue histoire d’équipe !

 

 

Par High G Nik et Hankey Loser !

 

Les images :
Helmet Newton : http://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150331295078325.349297.600818324&type=3
Daz Wilson 1st Half : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150352531750665.349843.632470664&type=3
Daz Wilson 2nd Half : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150352770010665.349905.632470664&type=3
Dereck Bremmer : http://www.derekbremner.com/blog/2011/october/london_rollergirls_season_4_bout_1

Les vidéos :
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