Il arrive enfin en Europe et plus précisément à Londres où a eu lieu le tout premier tournoi WFTDA de roller derby à l’ExCel Exhibition Center : ANARCHY IN THE UK

L’équipe résidente de Londres organisait le week-end du 09 et 10 avril 2011 une rencontre internationale entre les London Rollergirls, Charm City Roller Girls de Baltimore, Steel City Derby Demons de Pittsburgh et New Skids on the Block de Montréal. Un évènement que la Roller Derby Toulouse Team ne pouvait manquer sous aucun prétexte !!

Au programme pour le samedi 10 avril :

© Steve Newton

© Steve Newton

© Steve Newton

13h00 : Bout 1 – Londres vs Montréal
15h00 : Bout 2 – Steel City vs Charm City
19h00 : Bout 3 – Montréal vs Steel City
21h00 : Soirée au Fox Pub

Pour le dimanche 11 avril :

© Steve Newton

© Steve Newton

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12h00 : Bout 4 – Londres vs Charm City
16h00 : Bout 5 – Charm City vs Montréal
18h00 : Bout 6 – Londres vs Steel City


Périple vers « Anarchy in the UK » :

 

C’est dans la nuit de vendredi que le petit avion dépose la Roller Derby Toulouse Team à Londres. Toulouse a beau être la ville aéronautique de France par excellence, cela n’empêche pas les craintifs de l’atterrissage de hurler de frayeur !
17 membres de l’association partent au combat pour représenter les couleurs dans les gradins, armés de pancartes telles que « Roller Derby Team is here » et d’une bonne humeur débordante jusqu’à ce que…



Première nuit londonienne :


…Jusqu’à ce qu’on passe notre première nuit londonienne.
Il est plus de minuit et le voyage a été long entre l’avion et le train. « Je suis désolé mais nous sommes fermés », nous dit le propriétaire l’œil hagard et les cheveux ébouriffés …Quel humour ces anglais.
Chacun arrive à son lit superposé, non pas deux mais trois lits superposés, avec le plaisir de faire soi-même son lit avec des draps un peu douteux : troués et colorés mais néanmoins accueillants pour des Toulousains fatigués.
C’est après un bonne douche glacée pour les plus téméraires ou une bonne couche de déodorant pour d’autres, que nous entamons notre marche vers l’ExCel Exhibition Center où l’équipe de 66 minutes nous attend.


Jour 1 :

La Roller Derby Toulouse Team pénètre dans ce temple avec respect et admiration, avec à la main non pas la Bible mais le ticket d’entrée pour le show qui est vite troqué contre un bracelet magique nous ouvrant les portes du tournoi tout le week-end !
…Quelques pas en avant et les yeux pétillent, comme des enfants à Noël, la team est émerveillée par l’ambiance, le look des gens, les stands, les joueuses. On retrouve des personnes rencontrées à Berlin et à Paris et.. Oh lala !! Il y a même des graffeurs qui taguent sur des toiles géantes !!
…Vite ! Il faut reprendre nos esprits et nous trouver une bonne place. Et voilà l’angle parfait : à droite les joueuses, derrière nous les autres équipes qui s’échauffent, en face la piste et l’écran des scores… Quand soudain la musique se tait : « My name is Plastik Patriiiiick… ». Au micro, c’est un homme perché sur des talons, particulièrement dévêtu, maquillé, sexy etsi bien proportionné qu’il rend toutes les filles jalouses.


Ca y est, ça commence, la foule est en délire lorsqu’une équipe aussi fluo que des marqueurs salue le public au rythme de la musique. Et les London Rollergirls ouvrent le bal contre les New Skids on the Block venues de Montréal.


Bout 1 : Londres contre Montréal. Un match qui  a tenu en haleine chacun de nous. Beaucoup d’action, des jammeuses, Iron Wrench entre autres, qui ne roulent pas mais qui volent. Les New Skids on the Block sont favorites avec leur look et leur agilité. Heureusement, tout cela suffit pour contrer la stratégie des London Rollergirls, 137 à 57.

© Steve Newton

Bout 2 : Bout américain entre les Steel City et Charm City, qui elles côtoient la piste depuis maintenant 5 ans. Un score serré et des points marqués par les rapides Hurricane Heather pour Pittsburgh et Joy Collision pour Baltimore. On note une bonne coordination entre les bloqueuses et une bonne cohésion. Charm City remporte le bout 186 à 122.

© Steve Newton

Bout 3 : Montréal et Pittsburgh clôturent cette première journée de tournoi en beauté. Chacune des équipes donne le meilleur d’elle-même au point de se retrouver sur le brancard. Ewan Wotarmy se blesse, elle est évacuée sur le côté, les joueuses sont genoux à terre par respect et le public applaudit le fairplay. On nous informera plus tard dans la soirée avec un accent montréalais « elle est correcte ». Le coach Jeff Post est aux petits soins, il les soulève une à une et fait craquer leurs petites vertèbres. Les deux équipes se sont bien défendues mais Steel City mène 144 à 121.

© Steve Newton

Chacun repart le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux tout en se dirigeant vers le pub qui accueille une bonne partie des supporters venus de toute l’Europe ainsi que quelques joueuses. La pudeur anglaise se fait sentir mais la sociabilité et le contact facile des Français ne trahissent pas leur réputation. La team assiste à un moment unique : la rencontre avec les New Skids on the Block !!
Des échanges de sourires lorsqu’on ne se comprenait pas, des rires quand l’un entendait l’accent de l’autre… Une équipe généreuse qui nous a transmis son plaisir de jouer et sa bonne humeur.

Un moment privilégié qui a donné un élan aux petits Français pour se déhancher sur la piste. Très vite le virus contamine tout le pub et là, il n’y a plus d’identité, plus de barrière de langue et plus de timidité… Quelle soirée !


Deuxième nuit londonienne :

Trois taxis londoniens… Ou plutôt pakistanais nous déposent devant une auberge de jeunesse plutôt atypique. Un parfum jamaïcain et de la musique afro nous ouvrent la porte avec méfiance… Et tous les regards se braquent sur nous et nos gros sacs. Je tente de les amadouer avec quelques petits pas de coupé-décalé et le contact se fait timidement et… « Ah mais c’est pas là l’entrée en fait ».
On regagne nos chambres et nos lits déjà faits et un peu plus accueillants qu’au premier hôtel et on s’endort sur les *boum boum boum ♫* du voisinage en rêvant d’un bonne douche pour demain matin.


Jour 2 :

Départ dans la matinée vers l’ExCel Exhibition Center, certains ont encore la peau rouge, brûlés par le filet d’eau chaude qui servait de douche et toujours cette odeur de déodorant qui nous suit depuis le début…

Les boulets reprennent leurs postes quand le temps presse, entre ceux qui perdent leur Oyster Card, ceux qui n’ont plus de sous, ceux qui veulent à tout prix aller au Starbuck… La malchance nous accompagne toujours, les stations sont fermées mais on arrive tant bien que mal à la deuxième journée du tournoi.

Bout 4 : Les London Rollergirls jouent contre Charm City, les deux équipes bien reposées et bien remontées, voici un bout très intéressant. Voilà qu’une joueuse à la silhouette aussi fragile qu’un moineau, aussi fine qu’une canne à pêche, Clitty Clitty Bang Bang, fait son apparition et nous montre bien que les apparences sont complètement trompeuses ! Elle se faufile entre les Londoniennes et son équipe gagne 218 à 126.

 

© Steve Newton

Atelier pour les referees – *love Dr NoNo* soupirent certains.

Bout 5 : Plastik Patrick annonce les New Skids on the Block et en profite pour saluer ses cousins français : la Roller Derby Toulouse Team « Ouaiiiiiiiis!!!!! » et le bout commence avec une chorégraphie sur Real2Real « I like to move it-move it » et tout le monde « moved it ». Plus rien à perdre pour les deux équipes, il faut tout donner… Et elles ont effectivement beaucoup donné à la prison. Beaucoup de fautes pour les deux équipes et quelques bons éléments sont exclus du jeu, les Canadiennes perdent 55 à 116 mais sans regret et toujours dans la bonne humeur.


© Steve Newton

Bout 6 : Pour clôturer ce week-end de folie, les Londoniennes referment le bal contre les Steel City. On commence à ressentir la fatigue des joueuses mais la qualité du jeu reste intacte. Vagablonde zigzague entre les féroces « black’n yellow » de Pittsburgh mais en vain. 119 à 79 pour les Steel City mais les Londoniennes ne sont pas peu fières, elles se sont bien défendues. Et pour un premier tournoi WFTDA en Europe, quel accueil, quelle organisation. Bravo à toutes.

 

© Steve Newton

A la fin du tournoi, une petite pensée va vers les membres de l’équipe restés à Toulouse pour flyer et travailler sur notre propre évènement à venir. On espère vraiment avoir cette même réussite à l’occasion de notre tournoi le 2 juillet.

Les pieds nous démangent, les corps se balancent. Comme une envie pressante de chausser des patins et de rouler et cogner des filles. C’est la fin du tournoi, les joueuses se félicitent, les graffeurs ont terminé leurs tags et laissent derrière eux une scène de roller derby et nous, nous laissons derrière nous des soupirs… Mais il faut partir et attraper ce bus !

Vite, Mme La Poisse nous attend, il ne faudrait pas qu’elle s’impatiente ! Comme par hasard, nos stations sont fermées, la nuit est froide et la marche est longue… Une courte nuit nous attend.
Chacun se trouve un petit bout d’aéroport pour dormir un peu et se préparer à la journée de boulot qui l’attend dans quelques heures.

Les insomniaques se risquent à un réveil collectif brutal et matinal : 3h quand le check-in est à 6h.
…Qu’est-ce que c’est ? L’orage ? Ah non… Juste les coachs furax d’avoir été réveillés beaucoup trop tôt.


Les yeux cernés, l’haleine pas fraiche, les vêtements froissés, chacun reprend sa vie toulousaine mais les souvenirs de ce week-end demeurent impérissables… « Et ce soir, entrainement les filles ! ».